Mes chemins de spiritualité

CHEMINS DE SPIRITUALITE

 

1-Révélation-

Ma première expérience de l’existence d’un au-delà arriva alors que j’étais à la pension Sainte Thérèse à Joigny. Je partageais ma chambre avec mon amie Bernadette A, fille de parents siciliens.

Un soir ou plutôt une nuit, je fus réveillée et je l’entendis clairement tenir une conversation, assise dans son lit, dans la pénombre.

J’ai le souvenir d’avoir abordé la question le lendemain matin : elle ne démentit pas et m’expliqua qu’elle parlait avec sa grand-mère. Elle s’ouvrit davantage me révélant plusieurs faits qui s’étaient déroulés dans sa famille, attestant selon elle de pouvoirs des défunts sur les hommes.

Elle ma raconta notamment l’histoire d’un homme, son oncle je crois, qui du jour au lendemain, alors qu’il était depuis toujours d’une grande gentillesse, était devenu un homme sombre et violent. Dans mon souvenir, elle avait fait allusion à des tentatives d’exorcisme mais j’ai perdu la fin de l’histoire.

Elle me raconta aussi que sa mère avait échappé de justesse à un accident, le renversement d’une grosse armoire sur elle…

J’allais souvent chez elle. Elle vivait dans un appartement rue de l’ancienne piperie avec sa mère, son père étant décédé d’un cancer quelques années auparavant.

Nous étions alors en 3ème à l’institution de l’Assomption de Forges.

Dans ce collège privé, monsieur F, âgé de la cinquantaine, était l’homme de maintenance. Il était adorable et très aimé des élèves. Pendant l’année scolaire, il tomba malade et mourut en quelques mois.

C’était un homme joyeux, qui avait toujours le sourire.

Un jour Bernadette, alors j’étais chez elle me raconta comment peu de temps avant elle avait perdu les clefs de l’appartement. Elle les avait cherchées en vain quand subitement elle entendit un cliquetis. Quand elle alla voir, elle retrouva les clefs sur un meuble dans le couloir, revenues là inexplicablement. Elle me dit : « C’est Monsieur Ferrez qui m’a fait une farce ».

Cet épisode s’était passé un an avant que nous soyons en internat et je n’y avais pas prêté particulièrement attention…

Toutes ces histoires me mettaient mal à l’aise et intuitivement je les éloignai de mon esprit, sans pour autant écarter l’hypothèse que ces phénomènes existent. Je crus bon de ne pas chercher à comprendre davantage, subodorant que cela pouvait être dangereux.

Plus tard, après être restée amie et collègue pendant des années, je rompis notre amitié pour des raisons qui n’avaient rien à voir avec tout ça.

Ma conscience se rendormit pour plusieurs années.

2-Rêve éveillé-

En 1996, nous partîmes nous installer en Vendée avec mon nouveau mari et nos enfants. Nous avons monté une association de spectacle et je proposai à ma commune d’animer un atelier théâtre. Cela nous permit de nous faire connaître dans le village. Comme partout en Vendée, l’église est très présente et nous avons été confronté rapidement à la séparation nette entre les enfants issus de l’école publique et ceux de l’école privée. J’étais croyante mais ne pratiquais pas aussi je fus rangée dans la catégorie des non croyants. Les cours furent désertés par les enfants de l’école privée…Parallèlement, grâce à notre matériel de sonorisation, nous assurions les différentes kermesses, galas de l’école de danse ou d’autres évènements ce qui nous permit très vite d’être connus par de nombreuses personnes.

À la suite d’une autre amitié trahie, je fus en dépression durant quelques semaines. Pendant cette période, je fis un rêve éveillé étrange. Je me voyais en chemise de nuit blanche, sur une route, sous la pluie de nuit, marcher. Il me fallait absolument partir comme un missionnaire pour « sauver le monde »…

C’est très flou aujourd’hui dans mon esprit sauf cette sensation très nette d’une souffrance charnelle qui m’étreignait. Cette douleur s’étendait à la conscience que j’avais du monde abîmé, meurtri. Je ressentais dans ma chair les drames que vivait le monde. C’était en 1998.

Après cet épisode qui dura quelques semaines, je repris le cours normal de ma vie- formation, famille, amis et travail-

Bientôt, je fus enceinte, évènement qui n’était pas prévisible d’autant que je portais un stérilet. Contre toute attente nous avions décidé avec Nelson de mettre un terme définitif à l’éventualité d’une grossesse. Mais la graine fut plantée…

Joséphine entra dans ma vie au moment le plus inopportun : j’appris qu’elle nichait dans mon sein une semaine après avoir été engagée comme directrice de la maison de Quartier des Forges à La Roche sur Yon.

Le tapis rouge qui s’était déroulé pour moi devint vite un chemin de croix.

3-Regard d’une vieille âme-

 

Le jour de l’accouchement, la délivrance fut très rapide. Quelques heures après la naissance, alors que je lui donnais la première tétée, je regardai comme toute mère donnant le sein, son petit visage…Je fus frappée par le regard intense de Joséphine. Je me suis fait la réflexion à cet instant précis que ce regard si pénétrant, si profond était inhabituel chez un nouveau-né.

Je fus tellement marquée par l’expression des yeux de Joséphine que quelques années après, lors d’un atelier d’écriture auquel je participai, j’en fis une nouvelle :

Je voudrais une autre vie

 

En grandissant, Joséphine se révéla être une enfant très mature. Quand elle commença à balbutier ses premiers mots, ses syllabes étaient originales et produisaient des mots inconnus, je me souviens de « michouna », « misouki » et d’autres expressions ne se raccrochant à rien de connu de notre langue.

Elle aura très vite l’esprit « sauvage » se débarrassant de ses chaussures dès son retour à la maison privilégiant de toujours marcher pieds-nus…

J’ai toujours pensé que c’était une vieille âme et 18 mois après sa naissance, j’obtins ma réponse. Le ciel m’avait envoyé Joséphine pour prendre soin de moi, pour m’aider à passer un cap : le 8 Mai 2003, les anges rappelaient Pierre.

 

4-Une force miraculeuse-

 

Malgré une douleur profonde, le sentiment d’un vide abyssal, sans que je comprenne pourquoi, comment, j’étais forte, d’une énergie presqu’indécente au regard du traumatisme de la perte d’un enfant.

J’étais assaillie souvent par des crises de larmes, violentes mais le calme revenait et je me relevais debout affrontant le quotidien tout en étant parée d’un voile de tristesse qui jusqu’à aujourd’hui ne s’est jamais levé totalement.

J’assumais miraculeusement cette perte en ayant l’intuition que c’était une ouverture et non une fermeture…

Toutefois souvent je sombrai dans une tristesse sans fond qui me happait hors de la réalité, me demandant ce que je faisais là. Un jour, alors que je faisais mes courses chez Leclerc, des larmes se sont imposées m’obligeant à quitter précipitamment le magasin. Alors que je marchais dans la rue sous un ciel assombri par des nuages, inondé par mes larmes, j’ai regardé au ciel et immédiatement je ressentis un apaisement refoulant larmes et tristesse tandis que le soleil perçait les nuages. Je me sentais éclairé de l’intérieur.

C’est là que j’ai retrouvé la foi, la vraie, pas celle qu’on nous inculque au catéchisme mais celle qui est le fil invisible et puissant qui nous relie à Dieu.

Une autre fois, sortant de l’église où j’étais allée me recueillir, une amie m’a dit « Valérie, tu rayonnes de lumière. »

Quelques semaines après la mort de Pierre, j’ai acheté un carnet, un stylo plume et j’ai pris l’habitude de lui écrire. À travers mon journal je dialoguais avec Pierre, il m’accompagnait partout. Malgré tout, depuis l’accident je gardais un poids dans le cœur : je l’expliquai par le fait de n’avoir pu lui dire au-revoir et le serrer une dernière fois de son vivant.

En effet, ayant été éduquée dans un milieu environné de médecin, le jour de l’accident, je m’étais effacée à chaque étape, laissant les soignants intervenir auprès de Pierre…Mais quand on me rendit mon fils, il était mort. Personne ne m’avait appelé pour le serrer une dernière fois dans une étreinte d’un A Dieu consenti et lui dire mon amour. Cette frustration m’empêchait d’être légère, elle emprisonnait mon esprit.

Je n’avais aucune haine ni envers l’homme responsable de l’accident, ni envers l’équipe soignante mais simplement un vide qui n’était pas comblé.

Une amie, Sandrine Rabiller, qui avait perdu son frère dans des circonstances dramatiques m’a parlé d’une conférence médiumnique avec Reynald Roussel à La Roche sur Yon.

Je me savais fragile et vulnérable mais suffisamment vigilante, je pris la décision d’y aller, je n’avais rien à perdre. Quand je fis part de ma décision de me rendre là-bas à Nelson, il tenta de m’en dissuader arguant du fait que je risquais de me faire manipuler. Je ne changeai pas d’avis et partit seule là-bas.

Me voilà donc prête à partir. Je sors dans la cour quand ma voisine Marie-Christine s’approche me demandant si elle pouvait avoir le petit recueil que j’avais écrit pour l’homélie de Pierre et que je gardais toujours dans mon sac…C’était d’ailleurs précisément la photo que je devais donner pour la séance de médiumnité.

Je la remerciais de sa demande qui pour moi était un grand hommage à Pierre, je lui donnais le livret qui était dans mon sac. Après son départ, je retournai dans la maison récupérer un autre livret…Puis je partis à l’hôtel Kyriad, lieu où se déroulait la conférence.

5-La porte divine-

 

Me voilà donc assise parmi une soixantaine de personnes, venues comme moi avec l’espoir d’obtenir un contact avec un défunt.

La personnalité de Reynald Roussel me séduisit d’emblée. Il n’adoptait pas un ton triste et déférent mais un dialogue vivant, impertinent, loin de la solennité coutumière quand on parle de la mort. Il nous expliqua que pour lui les défunts étaient tels qu’ils étaient de leur vivant, au mieux de leur forme ; les voir et dialoguer avec eux était son quotidien.

Par des anecdotes, il nous révéla sa vie, sa médiumnité avec une simplicité bienfaisante, expliquant ses capacités, son rôle, son lien avec l’au-delà (se libérant au passage de la tutelle de l’église sans pour autant évacuer Dieu et l’amour qu’Il porte à chacun de nous. Nous disant simplement que la religion est une invention de l’homme et que la foi est bien plus simple : c’est celle dominée par l’Amour. Il nous dit d’ailleurs que seul un lien d’amour permettait aux personnes d’avoir un contact avec ceux passés par l’autre porte.

Après toutes explications, Reynald Roussel répondit aux questions de la salle avant d’entamer la séance de médiumnité.

C’était simple : des photos étaient alignées sur une table, Reynald passait sa main au-dessus des photos et attrapait la photo du défunt qui se présentait à lui sous la tutelle de ses guides.

Après quelques contacts, la photo de Pierre jaillit dans sa main.

Mon cœur bondit dans ma poitrine et une exaltation soudaine s’empara de moi. Les questions et réponses s’enchaînaient rapidement, au fur et à mesure que Reynald recevait les images, les sons, les odeurs que Pierre transmettait… J’absorbais les informations avec un bonheur infini, le sourire aux lèvres, ivre de ses mots prouvant l’incroyable réalité que je vivais. Oui Pierre était là, vivant, espiègle et drôle, je retrouvai mon fils après dix-huit mois d’absence.

Dialogue avec Reynald Roussel

C’est votre fils madame.

Oui

Un VTT cela vous dit quelque chose?

Oui Pierre avalait des kilomètres

Un VTT bleu

Oui c’est ça

Avez vous encore ce vélo?

Oui en partie car c’est avec lui que Pierre a eu son accident.

On ne va pas ramener des souvenirs douloureux

Non non bien sûr

Le livret que je tiens, il y a une poésie dans ces pages

Oui un poème qui parle de musique

Ce poème vous le lisez souvent en lisant des passages de temps à autre.

Oui

Pierre veut que vous continuiez à lire ce poème car il parle de choses importantes pour lui

Oui

Pierre me dit « elle a plein de livrets dans l’armoire et elle en a pris un neuf pour venir »

Oui c’est vrai

Vous écrivez madame, il faut continuer c’est important de poursuivre et d’aller au bout pour témoigner pour les autres parents.

Je vais essayer

Votre maman est encore en vie, Alors il faut lui donner le message de Pierre: il l’embrasse et il me montre des fleurs pour elle.

Oui

Pierre est grand, mince et brun

Oui

Il est coquet. Il me fait (il montre son biceps) et il me dit « je me suis épaissi. »

Il vous a envoyé beaucoup de signes

Oui je sais

Avez vous une question pour lui?

Ce n’est pas une question mais je veux lui dire que je n’ai pas pu être à ses côtés quand il est parti et que je souffre de ne pas lui avoir dit au revoir.

Il va vous en envoyer encore beaucoup et il va venir à vous en songe mais je ne peux pas vous dire quand.

Il semble perdre le fil…il revient vers moi. vous avez quelque chose contre les anneaux et les piercings pour les jeunes?

Non pas du tout

Parce qu’il me dit « maintenant je peux m’en mettre un au sourcil »

Son père ne voulait pas qu’il en porte un.

Septembre c’est une période importante pour vous?

Je ne sais pas, je partirai peut être en formation.

C’est une bonne période.

Mon tour était passée et je restai abasourdie par cette révélation miraculeuse que la vie était donc là, après la porte de la mort…que non seulement Pierre vivait mais qu’il était heureux, sans nous mais nous accompagnant toujours dans les grands instants de notre vie.

Après ce flottement heureux où je m’abandonnais à cette pensée, je me ressaisis pour écouter la suite et assistai, avec le même bonheur, aux contacts qui suivirent, émerveillée du bonheur que recevait les personnes après avoir été écrasées par le drame.

Encore sur un petit nuage, je rejoignis ma voiture et m’empressais de retranscrire le dialogue afin de ne rien en perdre.

J’étais encore soufflée de la véracité du contact: que Reynald ait pu restituer le fait que j’étais retournée à la maison prendre un autre livret dans l’armoire avant de partir était à peine croyable…et pourtant il l’a vu.

Presque dans le même temps, ma fille caroline, alla à une séance médiumnique de Reynald Roussel organisée à Paris. Elle me retransmit sa conversation:

RR: C’est votre frère?

Moi: Oui

RR: Il ne voulait parler qu’à moi, il ne voulait pas parler à Christine!

RR: Il est mort brutalement?

Moi: Oui.

RR: Violemment même?

Moi: Oui.

RR: Vous êtes prête à entendre le message?

Moi: Oui.

RR: Bon, il commence tout juste à aller bien, il avait des regrets.

RR: Il aimait le sport? Le pratiquait?

Moi: Oui, il faisait du vélo.

RR: Oui, enfin, il prenait soin de lui?

Moi: Oui.

RR: Il y a un prénom, Sonia, Aurelia… Un prénom qui finit en ia?

Moi: Non, enfin, Sonya, c’est ma meilleure amie, mais ça n’a pas grand chose à voir avec lui.

RR: Ils se sont déjà vus?

Moi: Oui.

RR:Ils ont déjà chahuté ensembles?

Moi: Non.

RR: Vous venez de loin?

Moi: je travaille à Paris, mais sinon je suis souvent en Vendée.

RR: Ah oui, parce que là, il me montre La Roche sur Yon et me dit qu’il préfère la salle de la Roche sur Yon! C’est marrant ça.

Moi: Oui vous avez vu ma mère là-bas y’a pas longtemps.

RR: Il aimait bien draguer, séduire?

Oui: Oui.

RR: Il me dit qu’il s’est fait de « nouveaux copains » dans les « esprits » et qu’il drague et séduit toujours.

RR: Vous êtes venue seule?

Moi: Oui.

RR: Il dit que vous avez eu raison de venir, que c’est bien.

6-Le songe de la délivrance-

 

Trois jours après la séance médiumnique à laquelle j’avais assisté, dans la nuit du 8 au 9 juillet, je me suis réveillée par une image. Dans mon souvenir, c’était un vélo et je refusais cette image craignant de revivre l’accident de pierre.

Je tentais de me rendormir sans succès.

Des images se sont alors imposées à moi, calquées sur ma pensée et le changement s’opéra brusquement: Je fus transportée dans un magnifique jardin qui ressemblait à un jardin japonais avec des allées de graviers aux lignes très pures. En contrebas, car le chemin était très pentu, il y avait une grande bâtisse, de style victorien. A mesure que nous avancions, nos pas déformaient l’allée qui se reformait derrière nous. Puis une file de moines, de type bouddhiste, sont apparus, nous croisant au bas du chemin.

En sortant du jardin, brusquement une autre image s’impose à nous: nous débouchons sur une sorte d’esplanade avec la vue spectaculaire d’une magnifique cité aux couleurs irisées, accrochée au ciel dans le lointain.

Nous sommes dirigés vers l’entrée d’un couloir très large où beaucoup de personnes entrent et sortent. Nous somme ensuite dans une pièce ouverte sur une terrasse agrémentée de fleurs rouges et jaunes.

A ce moment Joséphine est accroupie sur la terrasse alors que jusqu’à présent je n’étais qu’avec Nelson. Fugitivement, à l’arrivée dans cet espace, j’ai cru être avec tous les enfants mais le souvenir est trop flou pour en restituer l’essence.

Dans cette pièce, il y a deux ordinateurs et nous attendons assis sur des chaises, face à un couloir, comme ceux des salles de classes.

J’ai vu arriver Pierre et j’ai bondi en criant « Pierre ».

Il m’a rejointe et m’a serrée très fort dans ses bras.

Après un temps, je lui ai dit va embrasser Joséphine et il m’a répondu

« Je la vois souvent » et il est parti vers elle.

Il était torse nu vêtu d’un jeans.

Quand j’ai vu son dos, j’ai eu un mouvement d’effroi et de recul. Sur sa peau était tracée une grande croix, pas de manière nette mais des multitudes de petites scarifications légères, très fines, très courtes dont certaines avec du sang. Et quand il s’est retourné, j’ai encore eu la surprise désagréable de voir qu’il avait à la hauteur de la poitrine, dans les côtes comme une plaie cicatrisée depuis peu laissant un bourrelet de peau blanche.

Il m’a dit alors: « lundi ou la semaine prochaine, (je ne sais plus) je pars pour …. Ou je rentre à… Le nom m’a échappé.

Nelson s’est secoué violemment dans le lit ce qui a provoqué la rupture du songe.

Je restai dans la pénombre envahie d’une paix immense avec l’empreinte dans mon corps et dans mon cœur de l’étreinte de Pierre. Le lendemain à mon réveil, les images étaient restées incrustées en moi, chargées d’un vécu charnel, physique. Je me sentis débarrassée du poids qui me plombait depuis le jour de la mort de Pierre.

 

7-Des signes au hasard des jours

À partir de là, je reçus des signes plus ou moins flagrants, plus ou moins forts, que je pris comme cadeau de Pierre.

Un an après son décès, jour pour jour, alors que les enfants regardaient la télévision, celle-ci s’est éteinte sans autre explication à l’heure exacte de la disparition de Pierre.
Le jour d’anniversaire des 10 ans du décès de Pierre, j’avais organisé une petite cérémonie avec le prêtre. Chacun de nos amis qui le souhaitaient, avaient été invités à venir planter une fleur dans le jardin, dans le coin dédié à Pierre. Ce jour- là,  le père de Pierre, était passé mais ne souhaitant pas assister à la bénédiction, il était parti à la plage avec Caroline le temps de la cérémonie. Arrivés à la plage des Demoiselles de Saint-Jean-de-Monts, alors qu’ils descendaient vers le bord de l’eau, ils virent de grandes lettres inscrites dans la sable…S’approchant davantage, ils lurent P i e r r e en lettres détachées.

Il m’est arrivé alors que j’étais seule dans la maison, d’entendre une voix très lointaine et en même temps proche de moi qui disait maman.

Encore une fois, je me laissais porter par les évènements sans les provoquer, sans chercher à percer ces énigmes, me contentant de recueillir ces signes comme présents de mon fils. J’acceptais cette nouvelle réalité ouverte sur la spiritualité, avec beaucoup d’humilité, consciente que ces phénomènes étranges relevant de mon intimité, sans qu’ils soient spectaculaires et fassent l’objet d’une diffusion allant au-delà de mes amis intimes que je savais acquis au mêmes croyances que moi.

Ainsi, un jour j’appelai Philippe B, magnétiseur pour un mal de dos. Après m’avoir manipulée, je me relevai de la table de massage et Philippe me serra fort dans ces bras (il faut savoir que Philippe est très respectueux de la distance physique avec autrui), en me glissant dans l’oreille :

  • « Tu es un être de lumière, ton guide s’appelle…(et il m’a dit un nom que je n’ai pas retenu, j’étais trop surprise par cette révélation et je ne l’ai pas fait répéter…)

Voulait-on à ce moment-là que je ne retienne pas ce nom? Peut-être que je n’étais pas encore prête à recevoir cette information ? Je le crois et peut-être Philippe en avait trop dit …. Toujours est-il que quand j’ai cherché à reparler de cet incident, il m’a dit de pas s’en souvenir et n’a jamais plus fait référence à mon « statut d’être de lumière » et de mon guide. En tout cas avant longtemps.

J’ai perdu pendant plusieurs semaines mes clefs de voiture, en ayant un double (mais pas à faisceau automatique qui ouvre à distance), j’ai arrêté de chercher jusqu’au jour où j’ai égaré la clef restante…J’ai fait une prière à Saint Antoine et le lendemain, Mathieu a retrouvé mes clefs au pied du cotonnier Aster sur lequel il avait grimpé dans le jardin !

En vacances dans l’Ariège, je me suis retrouvée, à la suite d’une discorde, sans voiture, sans papier, sans argent, sans manteau, dans un village sans commerce, au fin fond d’une vallée. Il était dix-huit heures trente. Enervée par le conflit que je venais de vivre, je me suis réfugiée dans l’église et j’ai prié. Au bout d’une demi-heure je suis ressortie, la nuit tombait, nous étions en octobre et le village était désert, pas âme qui vive, ni même un bar. Résignée à rentrer à pied (50 kms), je me suis engagée sur la route qui me paraissait être la bonne direction…sûre de rien. Après une bonne demi-heure de marche et commençant à craindre d’avoir froid et d’être terrifiée à l’idée de passer la nuit au bord de la route, je vis un camping-car s’approcher, je levai le pouce et il s’arrêta. C’était une famille en vacances qui avait choisi de manger dans leur camping-car après la visite du château de Peyrepertuse (que nous avions nous même visité l’après-midi et qui fermait ses portes à 18h…). Ils me dirent leur direction et il s’est trouvé que c’était la mienne…Ils me déposèrent juste en face du camping.

Dans un tout autre registre, un autre signe m’a été donné.

Un jour une femme m’appelle pour une biographie. Elle m’explique que c’est pour son beau frère qui doit partir à la retraite: la biographie étant le cadeau qu’elle veut lui offrir. Je lui donne les renseignements et elle me précise que son beau-frère est un homme important, dans les affaires, rigoureux et exigeant et qu’il n’est pas dit qu’il fasse contrat avec moi.

Quelques semaines plus tard, l’homme me joint au téléphone. Prévenue de la difficulté éventuelle de le convaincre de passer contrat avec moi, je ne me faisais pas beaucoup d’illusion! Pourquoi un homme important confierait sa vie à un biographe de province, de peu de renommée.

Effectivement le ton est assez froid et distant. Je ne cherche pas à me vendre bien au contraire, je lui demande ce qu’il voulait écrire, plutôt son parcours professionnel ou quelque chose de plus personnel. Il répond assez cassant,         – « certainement pas quelque chose de psychologique, je veux restituer mon parcours professionnel. »

– « Très bien répondis-je, mais j’espère que vous n’êtes pas ingénieur car je suis nulle en maths! »

– « non me dit-il, je suis dans l’hôtellerie. »

– « Oh très bien, je maîtrise car j’ai tenu un camping et ma fille est également dans l’hôtellerie. »

– « Dans quel hôtel travaille-t-elle? »

– « Au méridien Montparnasse. »

– « Je suis le Directeur du Méridien Montparnasse. »

– … (j’étais sonnée)

–  » quel es son nom et dans quel service est-t-elle?

– « Houskeaping, elle s’appelle Caroline Moreno. »

– « Non je ne vois pas, nous sommes très nombreux et je ne connais pas tout le monde » (tu m’étonnes avec un hôtel de 900 chambres, il y a une armée d’employés!)

– « Peut-être qu’en vous disant qu’il y a peu de temps c’est la jeune femme qui est restée la nuit pour aider les pompiers lors de l’incident du dégât des eaux, cela vous aidera à mettre un visage. »

– « ah oui, une brunette très sympathique avec un grand sourire. »

– « Oui c’est Caroline. »

– « La boucle est bouclée, je passe contrat avec vous. »

Encore un signe comme quoi nous sommes aidés dans notre vie, que les anges veillent…!

D’ailleurs depuis que je suis installée comme biographe, je dois dire que les contrats s’enchaînent avec une grande régularité: quand je suis au taquet et fatiguée, les demandes s’espacent jusqu’au moment où financièrement, il me faut travailler et les clients me demandent à nouveau…

 

8-Des nuits agitées empreintes de visions incompréhensibles

Près d’une année après la mort de Pierre, régulièrement je faisais un cauchemar récurrent. Au début, le visage serein de Pierre se présentait à moi et soudainement une figure maléfique hideuse venait l’anéantir ou du moins son image se transformait en silhouette tordue au visage grimaçant alors je me réveillais très mal, priant Dieu de l’épargner, de me rendre son image sereine et joyeuse. Je priai très fort, récitant le pater en boucle, pour que la lumière du Christ inonde à nouveau mon esprit. Dans cette lutte nocturne, deux yeux rouges me suivaient partout et c’est seulement au prix d’un grand effort, à force de prière que la lumière prenait le dessus et que ces yeux disparaissaient. Je pouvais alors me rendormir. Ces cauchemars ont occupé mon esprit pendant quelques semaines, me laissant terrorisée dans mon lit.

Un soir, je regardai une émission sur les phénomènes paranormaux…Je suis toujours prudente quand je regarde ces émissions car je me sais extrêmement sensible. Cette rubrique racontait l’histoire d’une femme, internée comme folle, dans une grande maison. L’image montrait la trace de son corps dans une pièce vide puis une photographie d’elle. Un visage ravagé avec des yeux très très durs…Je suis partie me coucher mais le regard ne me quittait pas alors que je tentais de m’endormir. Je ne savais pas quoi faire quand je me suis souvenue que Reynald avec qui j’avais déjà eu des conversations sur la dangerosité du bas astral et des âmes emprisonnées, m’avait dit: « Si des défunts t’ennuient, tu dois leur envoyer de l’amour, ils te laisseront tranquille. »

Je me mis alors à penser très fort à l’amour, à la beauté de l’océan que j’allais voir tous les jours avec la volonté de l’envoyer vers ce visage…Peu à peu son image qui était pourtant très imprégné dans mon esprit, s’estompa et je pus m’endormir sereinement. Il n’est plus jamais apparu. Inutile de préciser que je serai très heureuse d’avoir contribué à ce que cette femme trouve la paix et le chemin vers la lumière.

Quand j’ai raconté cet incident à Reynald, il m’a dit que ce n’était pas ma mission.

Quelques temps plus tard, mon endormissement fut de nouveau perturbé.

Dès que je fermais les yeux, des visages défilaient dans ma tête, à un rythme très rapide, comme si on m’envoyait des diapositives à vitesse accélérée. J’avais à peine le temps de repérer les visages de ces hommes et des femmes mais je savais que je ne les avais jamais vu auparavant.

Après avoir parcouru des articles sur les différents sites, j’ai pensé trouvé de quoi il s’agissait: d’âmes qui n’avaient pas encore trouvé la lumière et qui étaient attirées par mon aura. Je ne me sentais pas menacée, juste assaillie.

Les articles disaient qu’il fallait, créer un pont de lumière pour que les âmes trouvent le chemin vers l’élévation. Ce que je tentais de faire, accompagnant ma pensée d’une phrase: « il faut suivre le chemin de lumière, je ne peux rien de plus pour vous. Vous êtes morts et devez rejoindre la lumière. »

Quelques temps plus tard, atteinte d’une hernie discale et souffrant le martyr, je suis allée voir mon ami Philippe magnétiseur pour qu’il me soulage ainsi que sa femme également médium.

Je leur parlai de ces visions nocturnes et ils m’ont confirmé ce que je pressentais: que j’étais une passeuse d’âmes. Finalement, immobilisée du fait de ma hernie, ces visions ont disparu…Le ciel a-t-il considéré que ma santé était trop diminuée pour assumer cette charge? Cela reste une interrogation.

Pendant que j’étais alitée, j’avais toutes mes journées pour réfléchir à ma situation. Je fis un jour une découverte. Avant ma hernie discale, j’avais souffert pendant 18 mois d’une capsulite rétractile – incapacité totale de soulever le bras- ce jusqu’au mois de juin 2016, la hernie prenant le relais en août de la même année. L’été m’avait été laissé au répit. En y réfléchissant je fis un rapprochement: mes ennuis de santé avaient commencé après le salon ZEN…

 

9-Une rencontre étrange

En 2014, je participais au salon Zen de Saint-Jean-de-Monts, pour exposer mes activités de biographe, accompagnée de Evelyne, de François et de Nathalie. Il y avait beaucoup de monde sur notre stand, et nous nous relayions pour renseigner les personnes désireuses d’écrire leur histoire.

J’étais en conversation avec une dame quand je fus, malgré moi, interrompue par l’arrivée d’une femme qui m’attrapa le regard. Inopinément, sans que je ne me l’explique, je mettais fin à ma conversation, au mépris de la politesse naturelle, pour approcher cette femme.

Cette dernière me dit qu’elle souhaitait me parler. Nous nous retranchâmes vers des fauteuils dans le petit salon aménagé qui jouxtait notre stand. Notre conversation fut relativement brève, elle dit qu’elle avait besoin de quelqu’un pour regarder sa production écrite.

Chose incroyable, pendant notre conversation somme toute anodine, je me suis mise à pleurer sans raison….Me reprenant, je continuais à l’écouter et elle me proposa un rendez-vous pour le lendemain, au moment de mon choix, dans un endroit plus calme. J’acceptai et elle s’en alla.

Perplexe sur ce qui venait de se passer, je le raconte à Nathalie et Evelyne…Plus tard dans la journée, alors que nous montions à la terrasse pour boire un thé avec Nathalie, nous recroisons cette femme, qui pose sa main sur l’avant-bras de Nathalie, qui à son tour se met à pleurer…

C’était dingue!

Je sentais qu’il se passait quelque chose de fort avec cette femme que je ne maîtrisais pas. Forte de mon intuition, le lendemain, la première chose que je fis, fut d’aller trouver l’exposant que je connaissais qui vendait des pierres. Sans réserve, je lui demandais de me céder une pierre qui me protégerait de toute manipulation mentale ou d’emprise spirituelle. L’homme me vendit une obsidienne noire qu’il me programma. Je la mis dans ma poche et plus rassurée mais toujours pas sereine, je partis à mon rendez-vous!

La femme arriva, auréolée de sa tignasse rousse. C’était une jolie femme mince, aux traits fins, d’un certain âge. Nous nous installâmes dans le bar à thé, à l’écart. Elle se présenta comme adepte de la numérologie et des synchronismes des sons et des mots. Elle me « testa » suivant mes noms, mes prénoms, des lieux où j’habitais etc…Elle me montra un intérêt digne d’une personnalité importante, ponctuant ses phrases de « c’est incroyable! »… me disant que j’avais un rôle à jouer dans la nouvelle organisation du monde à venir, prétendant que j’étais au coeur du grand changement et d’un triangle d’action etc…que j’étais fortement reliée à Marie Madeleine – oui celle de Jésus!-

Et là, alors que c’est principalement elle qui parlait jusqu’à présent, je me suis mise à discourir sur l’amour de Marie Madeleine pour Jésus, expliquant la non reconnaissance de cet amour par l’église (aujourd’hui je serai incapable de retrouver ce que j’ai dit à ce moment là). Et tout à coup, cette femme s’est mise à pleurer. Je l’ai réconfortée en apposant mes mains sur elle puis nous avons arrêté là le rendez-vous.

Je suis retournée à mon stand et elle est revenue me porter deux de ses livres alors que je ne lui demandais rien. Livres qui sont restés dans ma bibliothèque, que j’ai rapidement parcourus mais qui m’ont vite lassée tant ils étaient empreints de confusions inintelligibles.

Je suis restée sans réponse aux questions que m’a posé cette étrange rencontre. Si ce n’est de mettre un plus de doute dans ma tête et de confusion quant à ma mission sur terre….

Quand j’en ai parlé avec Reynald, il m’a dit: « elle a capté ton énergie » et je pense à postériori avoir été bien inspirée de me protéger avec l’obsidienne.

10-Synchronicité

Avec une incroyable synchronicité, après avoir écrit ces lignes pour mon livre « chemins de spiritualité », je prends rendez-vous chez Philippe B,  toujours pour ma hernie.

Pendant la séance, alors que je suis allongée sur la table de soins, je lui explique que mon immobilité forcée me pèse et que je commence à avoir des crises de larmes… Cela fit la connexion avec l’incident du salon zen où sans aucune raison je me mis à pleurer alors que parlais avec une femme. Je lui livre l’anecdote de cette femme qui s’était produite deux années auparavant.

Philippe travaillait à mon alignement tandis que je lui racontai l’histoire, il s’exclama: « Ah la la, oui cette personne t’a mise en son pouvoir. Allez on va te débarrasser de ça … Attends je vais couper les liens invisibles qui te retiennent à elle. Pense très fort à quelque chose de neutre, évacue cette femme de ton esprit. »…Voilà j’ai coupé.

Je lui expliquai que j’avais encore les livres qu’elle m’avait donné dans ma bibliothèque: « il faut t’en débarrasser mais dans l’amour, sans brutalité. Je vois qu’elle a atteint ton intégrité, je vais restituer les mémoires qu’elle t’a prises. Nous en parlerons à Yasmina qui connaît mieux que moi ce domaine. »

Je sortis du cabinet et rejoignis sa femme, qui est également médium. Instantanément, elle me prit les mains et ressentit l’énergie de la femme. Philippe lui expliqua qu’il avait coupé les liens et elle dit:  » Oui elle sait maintenant que le lien est rompu. »

Yasmina, en lien avec Marie Madeleine ajouta: « Madeleine me dit que tu es une personne très sensible; » Puis elle me demanda si je me protégeais quand j’allais dans les lieux emplis d’énergie comme les salons liés à la spiritualité. Je lui répondis que non, me définissant comme naïve, sans connaissance particulière, mais que malgré tout, ce jour là, je m’étais prémunie avec l’obsidienne noire.

Et j’ajoutai que même si je ressentais quelquefois des choses, je ne cherchais pas à savoir coûte que coûte d’où cela provenait.

Yasmina m’a ensuite demandé de lui décrire la femme. Après description, elle me raconta qu’elle l’avait également croisée dans un salon à La Rochelle et qu’elle avait aussi été happée par son énergie mais plus expérimentée que moi, elle a su résister. Puis elle me dit que le ciel lui indiquait qu’il me fallait brûler les livres encore en ma possession.

Le lendemain, je demandai à Mathieu de brûler les livres. Pendant qu’il le faisait, j’ai prié, m’efforçant de mentaliser de belles images. Mais j’avais du mal à me concentrer. J’ai alors visualisé la rencontre avec cette femme, au moment où elle s’était mise à pleurer et que je la consolais. J’ai focalisé sur cette image tout en psalmodiant « je ne t’en veux pas, je te pardonne, tu ne savais pas ce que tu faisais ».

J’ai fini par voir les mots se dissoudre en s’envolant tels une myriade de papillons et s’élever vers une faible lumière. J’espère ainsi avoir fait ce qu’il fallait pour me désengager sans faire de mal.

Depuis, c’est très calme dans ma vie et exceptée les picotements et la chaleur qui irradient ma nuit et quand je prie lors de mes balades en forêt ou sur la plage.

Je ne manque jamais de remercier le ciel pour tous les bienfaits que nous offre la nature et d’être préservée de gros problèmes existentiels…

bienfait nature-océan

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Zora, mon amour »

« Zora, Mon amour » un récit de vie écrit par valérie Jean Biographe en collaboration avec Lamria

Récit de vie-Valérie Jean Biographe

Un témoignage de la vie d’une femme meurtrie par les institutions françaises d’Algérie et par la suite par sa famille adoptive.

Extraits du livre

Nous reprenons le récit quand Lamria est adulte à Paris. Pour connaître le début de son histoire avec des extraits choisis CLIQUEZ ICI

Lamria a été adoptée par une famille résident en banlieue parisienne chez qui elle travaille mais qui la maintienne sous leur joug.

Des amies d’infortune comme moi

Les seules « amies » étaient des orphelines comme moi que je retrouvais pour certaines d’entre elles quelquefois à Paris, quelque fois en Algérie lors de mes vacances.

Pendant ces rencontres improvisées, plutôt que de se soutenir entre elles, faire une communauté bienveillante où chacune s’enrichirait de l’autre sachant les sévices que chacune a vécus dans son corps et dans son âme, elles se déchiraient par la défiance qu’elles avaient les unes des autres. Parce qu’elles n’avaient pas appris autre chose qu’à se dénoncer aux sœurs, à se jalouser pour se faire une place, à se trahir pour obtenir un privilège.

Nous n’étions pas libérées du carcan de l’éducation prodiguée par les sœurs, nos rencontres en gardaient la trace avec une ambiance détestable où je ne prenais aucun plaisir, se finissant en bagarres.

Souvent on se retrouvait pour la veillée de Noël mais comme pour nos rencontres, cela finissait toujours mal!

C’est pourquoi j’ai fini par ne plus vouloir les voir.

La seule qui me reste en mémoire, c’est Zhora. Quand nous étions encore à l’orphelinat, je l’aimais beaucoup. la pauvre elle était bossue et subissais régulièrement les sarcasmes des autres filles mais moi je l’aimais. Elle s’est retrouvée comme moi à Paris, à travailler pour l’Ambassade d’Algérie, à Neuilly. Elle est venue me voir au restaurant. M.A me donnait l’autorisation quelquefois de lui offrir le couscous. Je lui ai proposé de la rencontrer au parc avec les enfants qu’elle gardait. Mais comme moi, elle était prisonnière de sa place et n’avait pas le droit de sortir les enfants ailleurs que dans le jardin de la propriété de Neuilly alors nous nous sommes perdues de vue.

Tout cela pour dire que même parmi mes compagnes d’infortune, je n’ai pas trouvé une confidente qui m’ouvre aux réalités de la vie des femmes : les règles, les relations sexuelles, les moyens contraceptifs. Je ne savais rien et je l’ai appris durement.

Le début de mon émancipation

Mes amies marocaines

Un jour pendant mon service, une jeune femme m’a dit en arabe : « Tu travailles ici ? ». J’ai répondu ce que M.A m’avait toujours dit de dire : « Non, je suis chez mon oncle. » quelques temps plus tard, je suis tombée sur elle alors que je faisais des courses dans le quartier. On a davantage parlé et à partir de ce jour là, une relation est née. Elle faisait partie d’un groupe de jeunes marocaines. Elles étaient très gentilles avec moi, elles me sortaient, venant me chercher et me déposant après au restaurant.

Enfin des personnes qui n’abusaient pas de moi mais qui cherchaient à m’aider. Elles me prodiguaient leurs conseils et m’ouvraient les yeux sur la situation anormale que je vivais : « tu es exploitée, tu devrais être mieux payée, tu fais trop de travail pour cette famille ». J’avais du mal à réaliser parce que pour moi cette famille était comme la mienne, qui m’avait accueillie très jeune. Elles m’ont beaucoup appris sur la vie alors que je ne connaissais rien.

M.A me mettait en garde contre elles mais je n’ai jamais eu de problèmes, bien au contraire. En fait il ne supportait pas qu’elle me fasse voir la réalité et qu’il puisse perdre une employée modèle qui faisait tout sans que cela ne lui coûte rien, ou si peu…

Des tentatives de formations avortées

Ces amies me conseillaient de passer mon permis et quand la fille de ma famille adoptive s’est inscrite, j’ai voulu moi aussi le passer et j’en ai parlé à M.A.  Au lieu de m’encourager il m’a ricané au nez en disant: « Toi passer ton permis ! » comme si cela était inimaginable. Chacune de mes tentatives pour progresser et faire de ma vie quelque chose, il les faisait avorter me rabaissant sans cesse en disant que je n’en étais pas capable. Ma revanche c’était que la fille du patron, une fois le permis en poche, prenait la voiture en cachette et m’emmenait dans Paris. J’ai prié Dieu souvent pour qu’il ne nous arrive rien!

Je me souviens avoir demandé à prendre des cours pour travailler dans l’informatique. A l’époque, ces services avaient besoin de main d’œuvre pas trop spécialisée pour faire la maintenance des cartes perforées des premiers ordinateurs. Je voyais là une opportunité pour avoir enfin un métier et un salaire.

Il m’a dit : « oui vas y je ne donne pas deux semaines pour arrêter ! » Et oui, j’ai arrêté car cela coûtait trop cher et en plus j’étais angoissée à l’idée qu’il me mette à la rue. Comme il l’avait fait avec les deux filles qui m’avaient précédée. Alors je perdais courage et revenait au restaurant. C’était facile pour lui, il payait le médecin, le dentiste, me donnait la pièce et avait une esclave à sa botte…car au restaurant, je faisais tout toute seule.

Il m’en voulait également de lui avoir tenu tête alors qu’il s’était mis dans la tête de me marier à un de ses amis, un vieil homme. Il ne voyait que ses intérêts et jamais les miens.

Il m’a dit : « tu finiras comme toutes les orphelines, sur le trottoir ! »

Combien de fois il m’a insultée! Il me lançait souvent à la figure des choses comme « ta mère la pute ». Qui était-il lui pour m’insulter ? Pour insulter ma mère qui était morte pendant la guerre d’Algérie…

Pendant toutes ces années passées dans cette famille, M.A n’a eu de cesse de me rabaisser. A chaque fois que je tentais quelque chose pour sortir de ma condition, il me remettait à ma place disant que je n’étais bonne à rien et j’ai fini par le croire…Je n’avais plus confiance en moi, M.A m’a insidieusement mis dans la tête que je n’étais capable de rien à part frotter, frotter, frotter…

Personne ne m’a jamais éduquée et ces jeunes marocaines m’ont fait grandir.

Il y avait aussi M. O, un homme gentil qui tenait un restaurant et qui se préoccupait de moi. Il me donnait des merguez et me demandais toujours où j’en étais dans mes projets.

Parenthèse

Il faut se rendre compte de ce que je vivais! Un grand écart permanent entre ce que je voyais, ce que je touchais du doigt et l’impossibilité absolue de sortir de l’enferment dans lequel on m’avait jeté.

Par exemple, M.A tournait beaucoup de films dans lesquels il tenait des rôles d’arabe, surtout dans les films sur la guerre d’Algérie. Plusieurs fois, il m’avait emmené sur les tournages où j’ai fait de la figuration. On me donnait un cachet, fastidieux pour moi à l’époque mais que me reprenait M.A le soir! Il aurait pu m’introduire pour que je gagne un peu d’argent avec des petits rôles, non pas pour devenir une star mais pour me permettre de gagner un peu d’argent. Mais non. Il retenait toujours la laisse me laissant à ma condition d’esclave. Je visitais de beaux pays, je faisais de beaux voyages, je résidais dans de belles villas, je rencontrais de belles personnes mais comme un chien suit son maître, pour son agrément à lui, pour le servir mais sans que jamais on ne lui donne les moyens de sa liberté.

J’étais complètement sous sa coupe et quand la liberté frappa à ma porte, je n’étais pas préparée à l’assumer.

21 ans , la majorité me met à la rue

Bien que j’étais de moins en moins naïve, je n’étais malgré tout pas prête à m’assumer seule. Dans ma tête, je croyais que toute ma vie je resterais auprès de cette famille car personne ne m’avait expliqué à mon départ d’Algérie que je serai adoptée uniquement jusqu’à ma majorité !!!

Car tout ce qui me concernait n’était jamais discuté avec moi : je faisais ce qu’on me disait de faire et je n’assistais à aucune conversation. M.A s’occupait bien de l’éducation de ses enfants mais moi j’étais reléguée aux tâches, au travail sans qu’on me parle. Je me souviens que quelquefois quand il parlait à ses enfants sur des sujets qui m’interpellaient, sur lesquels j’aurais pu apprendre quelque chose, il me faisait un signe de la main en ajoutant : « Allez, va-t-en… ». Je suis restée de 1969 à 1975 sans avoir rien appris de la vie. J’étais complètement assistée et là on me disait « va-t-en… » Encore, sauf que cette fois, c’était pour me retrouver à la rue…

Pourtant, on ne me laissa pas le choix. Un matin, je me suis réveillée et j’ai vu deux valises devant la porte : c’étaient les miennes. J’ai appris que je devais partir sans autre ménagement. La femme de M.A, parce que lui était bien trop lâche pour le faire lui même, m’a dit :
– Tu as 25 ans, il est temps pour toi de t’en aller, de quitter notre appartement et de vivre ta vie. » Paniquée, je lui ai répondu :
– « mais où je peux aller, je suis seule, sans argent, je ne connais personne à Paris à part vous ?! »

Je l’ai supplié de me garder mais elle ne fléchit pas répétant seulement : «  non, tu dois partir, tu as atteint l’âge de ta majorité. La suite ne nous regarde pas. » J’étais complètement abasourdie, désemparée. Comment j’aurais pu imaginer que cette famille à qui je m’étais sacrifiée corps et âme pouvaient me lâcher comme un vulgaire paquet après plus de dix ans passés avec eux, au sein de leur famille, partagent tout leur quotidien…

Je n’avais même pas pris une seule adresse de mes amies, j’étais seule, seule, seule.

Heureusement, j’ai rencontré une de leurs amies qui m’a donné un numéro de téléphone de l’une d’elle, que j’ai précieusement gardé.

Dans l’immédiat, je ne voyais que S.pour m’aider. Je l’ai appelé mais à ses dires, elle ne pouvait rien faire pour moi, disant que c’était son père qui décidait de tout et qu’elle ne pouvait s’opposer à sa décision.

Employée de maison

Je me suis souvenue d’une cliente que je servais toujours généreusement. Je l’ai appelée, lui expliquant ma situation. Elle a accepté de m’héberger chez elle, le temps de trouver une solution malgré son mari qui n’était pas content que je sois là. Puis elle a joint une de ses amies au téléphone qui cherchait une employée de maison qui serait nourrie logée. Je fus embauchée et je rejoignis cette famille qui avait deux petites filles à garder. On m’installa dans une chambre. Le travail était moins pénible qu’au restaurant, ma journée s’effectuait de 8h à 20h environ. Malgré ma chance d’avoir trouvé ce nouvel emploi, je pleurais tous les soirs dans ma chambre. Le traumatisme était grand d’avoir été jetée comme une moins que rien et j’avais l’impression que j’allais indéfiniment vivre ça. J’avais le sentiment de tout recommencer à zéro, de devoir effacer toutes ses années de travail, d’avoir vécu tout cela pour rien : il fallait tout recommencer. L’angoisse de mon avenir me laissait tous les soirs abattue.

Je suis restée 5 ans dans cette nouvelle famille jusqu’au jour où, les filles ayant grandi, on n’avait plus besoin de moi.

Pendant plusieurs mois, j’ai enchaîné plein de petits boulots différents qui ne me permettraient pas d’avoir un appartement à moi. Alors je vivais comme une nomade à la merci des hébergements chez les uns et les autres. Pendant cette période, je revenais régulièrement au restaurant, demander des nouvelles avec l’espoir secret qu’il m’aiderait. J’attendais encore tout de ma famille d’adoption à qui j’ai tout donné. Pour moi, il représentait ma famille puisque je n’en avais plus. Je m’étais attachée à eux malgré les humiliations, malgré le travail éreintant, malgré les bassesses et les manipulations et je revenais sans cesse vers eux. Je n’avais pas compris qu’il fallait que je coupe les ponts, que je tourne la page.

Enfin je rencontrai un garçon qui me demanda de l’épouser , je n’étais plus seule

 

Au nom du père

« Au nom du père » un livre réalisé avec François Jaladeau

Biographie valerie Jean

« En écrivant ce récit, je ne sais pas où j’allais échouer, où tout cela me mènerait. Parfois, il est des mots, des phrases qui déconcertent, provoquent le chaos, vont à rebours de ce qui gouverne notre existence et qui, par là-même, invitent à soulever le couvercle sous lequel on étouffe.

Après le décès de mon père, un gouffre s’ouvrit sous mes pieds mais paradoxalement cette disparition s’ouvrit sur une autre porte: un frère inconnu qui souhaitait reprendre contact.

Ce fut le début d’une aventure qui me permit non seulement de retrouver un frère mais mais aussi d’entamer une pacification avec mon père…

Mon père disparu, ce personnage caméléon allait désormais baisser le masque, lever l’énigme. Je craignais néanmoins qu’elle me confirmât tout ce que je devinais savoir de lui, pour l’avoir écouté, observé, sous-pesé maintes fois. La réalité dépasse souvent la fiction, ce fut le cas.

Mon désir d’écrire était suffisamment puissant pour me réaliser dans cette nouvelle voie, celle de l’écriture de la biographie de mon frère.

Au début, je ne pensais pas m’introduire dans cette biographie, voulant simplement rendre sa place à Dany dans notre famille. Mais au fil du temps, mes romans croisaient de plus en plus ma propre route et fatalement, il arriva un moment où la biographie de Dany, celle de notre père commun et la mienne devaient se rejoindre… Vaste projet que je n’avais pas mesuré au départ !

Au final, ce travail a débouché sur l’introspection de mon lien intangible avec mon père et de comprendre ce qu’il m’a légué malgré lui, de voir mes failles et ma vulnérabilité.

Le résultat est qu’aujourd’hui je m’apprête à davantage encore radiographier mon existence et y puiser le meilleur de moi-même afin d’éviter les pièges de la vie qu’ont enfermés mon père.

 

Amour, seul valeur qui sauve

J’ai retrouvé ce texte dans mon ordinateur au chapitre écriture en cours….

« Je suis née au bon moment et au bon endroit. J’ai eu la chance de grandir, préservée des injustices et des horreurs qui frappent le monde de son oeil aveugle.

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Dans cet occident béni des années soixante quinze, le couple de mes parents ne résista pas et il éclata.
Sans aucune méchanceté ou malice, chacun de mes parents voulut retrouver les délices de la jeunesse et chacun oublia que deux enfants étaient encore là.
Bien sûr ce n’est qu’égratignure au regard des atrocités que peuvent subir des enfants maltraités. Mais je sais aujourd’hui après des études en sciences humaines que les petites blessures restent à vie. Moi qui voulais faire du théâtre, je me suis rognée les ailes. Pour autant je ne regrette rien car mon parcours dans le social m’a fait grandir en humanité et en conscience.

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Après la mort de mon fils Pierre, un juste choisi de Dieu, je sais qu’il n’y a que l’amour qui peut nous sauver. Merci à tous d’exister. Valérie

L’ESPOIR a toujours été le levier de la lutte. Le défi de combattre la folie et la violence est immense mais j’ai foi en mes frères et soeurs citoyens du monde.  »

Il est synthétique mais il résume bien ce à quoi j’aspire aujourd’hui, l’apaisement, la fraternité sans me départir de la curiosité qui m’anime.

Qu’est-ce-que le bonheur

La quête du bonheur

Reprenant l’essentiel de la conférence tenue par jean François Dortier, fondateur et rédacteur en chef du magazine « sciences humaines », cet article décline les questions fondamentales autour de la question du bonheur…

Quête  que chacun recherche.

bonheur

Voyage candide, c’est quoi le bonheur?

À cette vaste question qui occupe les hommes depuis la nuit des temps, il faut se tourner vers les fondements de la philosophie qui prennent naissance dans l’Antiquité.

Continuer la lecture de Qu’est-ce-que le bonheur

AIME MOI BORDEL!

Aime moi Bordel!

Par François Jaladeau

J’ai accompagné la réalisation de ce roman pour François Jaladeau qui nous livre les affres de ces tourments amoureux à partir de ses expériences.

ecrire coach-pavillon turquieC’est un beau roman c’est une belle histoire

Immobilité

L’immobilité, une chance pour se retrouver

ecrirecoach-valerie jean biographe
http://lesheuresdecoton.canalblog.com

 

Avoir du temps…C’est ce que tous nous réclamons pour profiter de la vie, de nos enfants, de nos passions…entraînés par le flux quotidien des tâches à réaliser, des activités à assumer , des conversations à animer, des contraintes administratives, de l’engagement professionnel, de l’organisation des plannings…bref, je pourrai ne pas m’arrêter tellement notre existence est subordonnée à des centaines, des milliers de préoccupations et d’obligation…et d’un peu de temps pour soi.

Quand s’arrête-t-on vraiment?

C’est la rupture, volontaire ou involontaire qui nous y contraint alors plutôt que maudire Dieu et tous les Saints, remercions le pour ces difficiles ruptures dans un quotidien qui nous perd.

Bien sûr, que ce soit la mort, la maladie, le burn out, le conflit, le licenciement …bref tout ce qui peut arrêter le cours d’une vie de nature à être un STOP géant, contribue à notre évolution.

Car alors le choix ne nous est plus donné, il est temps de faire le point.

E c’est particulièrement vrai dans la maladie invalidante où vous n’avez plus d’autre chose à faire qu’à penser…

Ayant vécu la perte de mon fils, je peux parler du deuil où vous êtes en survie, comme si on vous mettait en pilote automatique qui assure le quotidien tandis que votre pensée est annihilée par un gouffre abyssal.  Le temps est arrêté et c’est sur du très long terme que vous vous reconstruisez avec une tout autre regard: Évacuées la colère, la haine, l’injustice, l’indignation et tous les sentiments qui traversent notre existence après le drame, lentement la pensée reprend son cours augmenté de cette expérience qui nous conduit le plus souvent à relativiser, à cerner l’insignifiance du quotidien pour nous ancrer à l’essentiel de la vie: aimer.

Cette parenthèse pour faire la différence entre la rupture qu’occasionne la mort et toutes celles qui nous plongent dans l’immobilité forcée, physique ou mentale.

Aujourd’hui, je parle davantage de l’immobilité physique qui vous cueille un jour à la descente du lit. Ce lit que  vous ne quitterez plus ou quasi plus (oui je sais l’alitement prolongé est à éviter absolument et je recommande vivement, malgré la douleur de se lever, de faire des exercices, de se forcer….!) N’empêche qu’avec toute votre bonne volonté, vous serez coincé dans votre lit des heures durant…

Face à soi même

On se retrouve seul face à soi même avec tout ce temps à remplir.

Dès lors, c’est un combat pour rester positif et faire de cette épreuve un temps de réflexion même si dans les premiers temps vous ne réflechissez qu’au problème qui vous occupe…retrouver votre mobilité perdue sans que cela n’occasionne de douleur.

Les jours passent et nous obligent alors à résorber deux sentiments qui s’entrechoquent sans cesse:  l’égo qu’il vous faut reléguer, et oui quand on devient grabataire brutalement, on a besoin des autres et on n’échappe pas à la case je demande…qui fait poindre la culpabilité de déranger sans cesse ceux qui vivent avec vous…Et pour ceux qui ont toujours vécu une grande indépendance, ce n’est pas anodin.

La dépression guette quand l’amélioration tant attendue tarde et que rien n’y fait après toutes les visites chez les spécialistes où vous vous traînez avec espoir…en vain. Le doute s’installe et l’on se voit handicapé à vie! Désespéré, on cède à la crise de larmes qui pour un temps nous vide (surtout la nuit quand les douleurs nous rattrapent parce que l’effet du précieux antalgique s’épuise à 4 ou 5h…)

L’immobilité une chance

L’immobilité c’est aussi l’occasion de déléguer…le ménage, les courses, les repas, les rendez-vous extérieurs tout cela se fait désormais sans nous. La confiance en l’autre,celui qui fait, s’installe et on découvre que ce n’est en rien une catastrophe, que malgré votre absence les choses se font…La reconnaissance est alors au rendez-vous, carburant de l’estime de soi, récompense pour vos proches de se sentir valorisés.

Votre immobilité vous entraîne à l’ingéniosité et votre table de nuit et tout ce qui l’entoure devient un champ d’investigation au gain de place, où chaque geste est priorisé pour se débrouiller seul…le crayon dans la trousse se transforme en petite cuillière pour touiller le médicament, la boîte de médicament est agencée pour pouvoir tout retrouver en un temps record même dans le noir…Tous est à portée de main (cahier crayon livre magazine pince à épiler tablette etc…) objets devenus de première nécessité pour passer une journée qu’il faut remplir!

Le lâcher prise salvateur

Mais on a beau s’armer, il faut lâcher prise et c’est dans cet attitude que l’immobilité devient nourricière d’un état d’attente consenti. Observer les nuages dans le ciel, les oiseaux dans les arbres,ce n’est plus seulement les voir par la fenêtre mais c’est les observer et en suivre le rythme, la respiration…sans effort cela apaise, nourrit…C’est le lâcher prise qui va permettre à la pensée d’aller plus loin, dans les tréfonds de notre conscience qu’on ne visite que rarement.

Petit à petit, on accorde de plus en plus de temps à la méditation (oui oui la vraie avec la réelle intention de rentrer en soi…si ce n’est pas évident pour les néophytes, je les rassure, on y parvient quand on se plonge à l’écoute de son corps, en respirant bien, sans autre pensée que faire le vide en soi. C’est un apprentissage. Mais quand on y parvient, c’est un moyen exceptionnel de se ressourcer, de recevoir de l’énergie.

Les idées surgissent, les projets s’harmonisent, on est plus clairvoyant sur les éléments qui composent notre sentier de vie, sur nos impasses, nos peurs, nos doutes…et nos réussites.

Cela nous conduit à vivre au mieux notre situation (je me suis rendu compte  que notre complicité et notre amour de couple n’avait pas été aussi rayonnant depuis longtemps…).

L’immobilité a finalement été une grande ressource. C’est une belle leçon de vie pour qui accepte de lâcher prise et de  positiver.

Je suis en pause pour bientôt repartir, forte d’une nouvelle énergie.

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Vocabulaire du Moyen-âge

VOCABULAIRE DU MOYEN-ÂGE

 

VÊTEMENTS ET ACCESSOIRES de mode ou de parure guerrière

 

Aumusse: Une courte pèlerine à capuchon descendant jusqu’aux épaules

Braies: Tissus couvrant les jambes.

Brigandine: veste dans laquelle sont rivetées des plaques d’acier.

Broigne: Pièce de vêtement en cuir ou en toile recouverte de plaquettes de métal ou d’anneaux cousus.

Camail: Protection pour la tête faite de mailles, souvent protégée de tissu, pour protéger de la tête à la nuque.

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Cervelière: Calotte de maille couvrant le dessus du crâne.

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Ceste: Ceinture de femme

Chainse: Long vêtement de toile fine porté par dessus la chemise, sous vêtement.

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Chausses: Pantalons couvrant les jambes se portant avec un pourpoint par dessus les braies Elles se fixent au moyen d’aiguillettes

Cotte d’armes: Habit porté par dessus le haubert portant les armoiries du chevalier.

Esclavine: Manteau souple et ample à capuche utilisée par les pèlerins.

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Escarcelle: Grande bourse que l’on portait à la ceinture.

Gambison: Vêtement porté sous le haubert de mailles en peau ou en tissu épais rembourré.

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Harnois: Armure articulée couvrant l’ensemble du corps.

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Haubert: Robe en Cotte de maille.

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Heaume: Casque emblématique du chevalier pour protéger la tête.

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Pourpoint: veste haute, courte et matelassée couvrant le corps du haut jusqu’à la ceinture.

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Surcot: Vêtement sans manche porté par dessus la cotte ou la robe des femmes mettant en valeur leur ligne.

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MACHINES ET ARMES

Baliste ou balestre: Machine de guerre tirant des dondaines, ou des pierres.

Dondaines: Projectile tiré par les arbalètes (carreaux)

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Estoc: Pointe d’une arme.

Fauchard: Arme d’hast (lance) inspirée de la faux des paysans.

Flamberge: Grande épée à lame ondulée pour faire plus de dégât dans le corps de l’ennemi.

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Guisarme: Lance agrémentée d’une longue lame tranchante et effilée, doublée d’un crochet.

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Miséricorde: Sorte de poignard d’arçon.

Pavois: Grand bouclier de bois

Rondache: Petit bouclier rond.

Trébuchet: engin de siège, pièces d’artillerie médiévales à contrepoids pour projeter des projectiles contre les murailles ou par-dessus les fortifications.

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LIEUX ET ENVIRONNEMENT

Dormitoire: Dortoir.

Fief: Terre intégré au domaine d’un noble dont le vassal (détenteur) devait rendre hommage et redevance au Seigneur possesseur du domaine.

Hourd: Galerie couverte en bois sur une courtine (ancien machicoulis) ou estrade.

Ladrerie: Léproserie

Maisnie ou mesnie: Entourage,serviteurs, famille.

Manse: Mesure de terre jugée nécessaire pour faire vivre une famille.

Mantelet: Panneaux de bois assemblés que l’on poussait devant soi pour se protéger des attaques dans les sièges de fortifications.

Salvetat (sauvetés ou sauveterre): Refuge offert par une seigneurie u une abbye. ceux qui s’y installaient devaient en retour défricher les terre pour qu’elle soient cultivables.

VOCABULAIRE ORDINAIRE

Caïette : une bavarde
Canson: Poème d’amour
Carine : pleureuse
Caraudes : Sorcière
Cautelée : femme pleine d’artifices et de ruses
Cens ou censive: Redevance annuelle due au Seigneur possédant le fief, ne pouvant être reçu que par un noble.
Clergeresse : femme savante
Courieuse : coureuse, femme qui se prostitue au premier venu
Estournie: Mêlée.
Estropiat: Voleur, bandit.
Féal: Fidèle.
Fredain: Scélérat.
Menuaille: Populace
Mortaille: Massacre, mort.
Paltonière: Fille publique.
Pécune: Pièce de monnaie.
Picorée: Butin.
Quareignon: Feuille de parchemin pliée en quatre.
Ribaud(e): personne suivant une armée pour profiter des pillages
Roncin ou roussin: Cheval
Servantaille: domesticité d’un château ou d’une maison.
Tenure: Bien immobilier concédé par le seigneur en échange d’une redevance accompagnée de droits.

 

VERBES

Emberlucoquer: Monter une embuscade ou un traquenard

s’escambiller: S’allonger pour faire l’amour

Esmoigner: mutiler

Férir: Frapper avec le fer d’une épée.

Forcer: Violer.

Larroner: Voler.

Rapiner: Piller, voler.

 

ET BIEN D’AUTRES ENCORE

 

Liste élaborée en partie grâce à Jean D’Aillon dans sa saga: « les aventures de Guilaume d’Ussel »-EDITIONS J’AI LU- FLAMMARION-

De Perregaux à Beauchamp

Biographie « De Perregaux à Beauchamp »

Biographie-Valerie jean

Biographie réalisée avec Claude.

Un récit qui raconte grâce à des souvenirs d’enfance la vie d’un enfant de militaire entre Algérie et Allemagne. Cette histoire raconte également les souffrances endurées quand on est pas comme les autres, affublé d’un handicap qui gâche la vie…

Pieds nus dans la neige

Récit de vie « Pieds nus dans la neige »

recits de vie -valerie jean

Récit de vie réalisé avec Denise qui a mis à nu toutes les blessures de son enfance qui la poursuivront pendant toute sa vie, occasionnant des souffrances terribles.

Il  aura fallu beaucoup de courage à Denise pour revivre ces noirs souvenirs pour oser raconter son histoire.

Blog de valérie jean biographe

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