Bus en coulisses

Le livre « Bus en coulisses » avec Jamel Kabli

Livre bus en coulisses-valerie Jean biographe

J’ai accompagné Jamel à la réécriture et la structuration de son récit, à la réalisation de la maquette de son livre et à son impression. Une belle collaboration sur un texte qui était déjà assez bien écrit et surtout intéressant, montrant les facettes du  métier de conducteur-receveur et du système des sociétés de transport à grande échelle.

Extrait du livre « bus en coulisses »

 Les conditions de travail et la liberté d’expression du salarié au sein de l’entreprise

 

Aujourd’hui, les conditions de travail deviennent de plus en plus difficiles pour les conducteurs qui tentent alors le passage en force pour se faire entendre, d’autant qu’on leur demande de moins en moins leur avis pour l’amélioration des conditions de travail.

Pour un conducteur, la liberté d’expression est absente, c’est ce qui fait « verrou », qui bloque le dialogue dans l’entreprise et qui pose problème.

Une éventuelle grève permettrait de se manifester mais seuls les élus syndicaux décident pour les salariés et malheureusement ils sont de mèche avec la Direction.

Pour la mascarade que représentent les négociations annuelles obligatoires (NAO), l’employeur oublie le mot négociation. Ainsi, lors des réunions du comité d’entreprise, il est impossible de parler des réels problèmes pour les salariés pendant que la minorité agissante (élus du comité) s’exprime pour les autres. C’est un peu comme une secte où les idées doivent être respectées sans discuter.

Et si l’on s’oppose à ces idées et donc à ce réseau, constitué du syndicat et de la Direction marchant ensemble, les sanctions peuvent alors tomber.

J’ai été, comme beaucoup d’autres, sanctionné pour avoir décelé le manège perfide de ce groupe d’individu.

Avec un groupe de collègue, on s’est exprimé concernant la manipulation de ce réseau et sans surprise les sanctions sont tombées très rapidement.

On m’a interdit de m’exprimer et intimé de rester discret. J’ai également écopé de plusieurs jours de mise à pied avec à la clé une baisse de salaire. C’est la meilleure manière pour un employeur de faire taire un salarié trop bavard.

Pour résumer, un groupe restreint de personnes parlent au nom des autres (syndicats, employés de bureau…) et elles font pression sur le conducteur afin qu’il se soumette. Ainsi, par cette loi du silence, le règlement intérieur est respecté.

Pour conclure, il n’y a pas d’autre choix que transgresser les règles du dialogue traditionnel de l’entreprise. Si je l’avais respecté, je ne me serais pas exprimé lors des réunions face à ces réseaux où rien n’est dit. J’ai fait le choix de mettre le doigt là où cela fait mal en m’opposant par des raisonnements argumentés avec des preuves à l’appui.

 

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