Essai, communication, méthode

LES RUBANS DE LA PAIX

METHODE DE COMMUNICATION

Travail réalisé à partir des séances auxquelles j’ai assisté auprès de MARIE MAQUAIRE, Consultante en communication, pendant une formation auprès de personnes en difficultés relationnelles.Essai, communication, méthode

TEXTE

Préambule

 Pourquoi je passe à l’écriture d’un livre ?
Depuis de nombreuses années maintenant, je sillonne la France pour travailler auprès de nombreuses  personnes, apportant mon expérience pour contribuer à soulager les personnes de leurs MAUX  par leurs MOTS.
Je  les accompagne dans la démarche de rétablir une bonne communication avec leurs proches, que ce soit dans leur milieu familial ou professionnel.
Grâce à ma méthode, je les aide à travailler concrètement et symboliquement  leurs relations, au sein de stages de formation en groupe.
Riche aujourd’hui de mon expérience, je veux offrir un livre qui montre l’efficacité de ma méthode, grâce à de multiples exemples concrets, puisés parmi les rencontres faites ces dernières années.
Ce livre est tout à la fois une intention de transmettre la richesse des expériences vécues en groupe que d’apporter aux stagiaires un livre de référence sur mon travail.
C’est également un hommage rendu à toutes les personnes qui m’ont fait confiance et avec qui, au fil des séances, j’ai pu éprouver l’efficacité de ma démarche.
J’espère que cet ouvrage sera une aide efficace aux professionnels en relation d’aide et d’accompagnement.
Enfin, c’est un message d’espoir que j’adresse à tous ceux qui se sentent piégés dans une relation qui les font souffrir. Je veux les éclairer sur la manière de rétablir une relation saine pour vivre mieux.

Un cheminement fait d’expériences et de réfléxions

Souvent, on me demande comment je suis venue à  devenir consultante en communication spécialisée dans la relation.

La source de mon questionnement

Maman de cinq enfants, je me suis posée une question fondamentale sur mon positionnement entre mon rôle de maman devant prodiguer tendresse et affection et celui d’éducatrice avec des règles et de l’autorité.

Car ce n’est pas rien d’apporter la juste mesure entre ces deux pôles aussi essentiels l’un que l’autre pour la construction de l’identité de notre enfant, et pour lui donner les bases de l’éducation dans ses relations sociales.

Je  ne savais pas forcément ce que je voulais mais je savais ce que je ne voulais pas : Reproduire ce que j’avais vécu.

Partant de cette interrogation, j’ai été chercher des réponses par la lecture de beaucoup d’ouvrages référencés sur l’éducation et parallèlement, j’ai fait des stages de méthodologie pour me donner des bases conceptuelles relatives aux sciences de l’éducation.

A 40 ans, quand les enfants avaient grandi, j’ai eu le désir de reprendre mes études. Je voulais me réaliser sur le plan social, je choisis de préparer le diplôme d’assistante sociale que j’obtiens.

Prise de conscience au cœur de mon métier : directrice de maisons de retraite

Puis je m’engage dans une formation de gestion d’établissements sociaux ayant choisi d’orienter mon travail en direction des personnes âgées. A l’issue de ce parcours de formation, je deviens directrice successivement  de quatre maisons de retraite.
Pendant une dizaine d’années, je suis en charge de résidents et de salariés et partout je  fais la même constatation :

1/ Certaines personnes âgées ne savent pas mourir. Elles   font de la résistance pour partir et se ferment peu à peu. Mais, à l’inverse,  si une personne leur permet de se confier, de se livrer, elles  peuvent enfin partir en paix parce qu’il n’y a plus de freins.

2/ Le deuxième constat c’est que le personnel dans sa  grande majorité, portant lui même les valises de sa propre vie, n’a pas la capacité à  endosser cette relation difficile.

Il faut donc débarrasser le personnel de ce qui l’entrave dans sa relation à autrui et le  former à l’écoute active et bienveillante, afin de lui donner les ressources pour travailler au mieux sa relation avec les personnes âgées.

J’appelle cela la VIVANCE dans la relation de travail.

Vers une approche conceptuelle de la relation communicante

Forte de ces constats, j’ai voulu  renforcer mes ressources conceptuelles pour mieux comprendre les mécanismes relationnels. Je me suis engagée  alors dans une maîtrise des sciences de l’Éducation puis dans une formation à l’institut ESPERE créée par Jacques Salomé.
Bien que je ne sois pas favorable à  sa personne,  je lui reconnais  une grande intelligence dans sa méthode dont je m’inspire  pour travailler aujourd’hui.

Quels sont les éléments essentiels de ma méthode de travail dans les stages que je propose aujourd’hui.

  • La mise en place de la visualisation de la relation
  • La  mise en pratique de la symbolisation de la relation.
  • La co-responsabilité de la relation
  • Le positionnement dans la relation

Les objectifs étant

  • d’arrêter de souffrir ou de faire souffrir l’autre
  • de tendre à être heureux par le rétablissement de relations saines.
  • De s’enrichir de ses expériences malheureuses qui sont des cadeaux, des occasions pour évoluer.

Une méthode qui s’inscrit dans mes convictions humanistes

Etre humaniste c’est un devoir de paix envers autrui afin de progresser soi même vers l’autonomie en toute conscience. Ce n’est donc pas être victime d’une quelconque aliénation d’où qu’elle provienne.
Si l’on veut la paix  pour un bien être intérieur et des relations pacifiées, c’est en nous qu’il faut apaiser les tensions, sources de mal être, afin d’être capable d’être en relation harmonieuse envers soi et envers autrui.
Quand il y a de la violence en nous et que nous ne résolvons pas le problème relationnel qui nous assaille, par peur, par conformisme, par paresse, par faiblesse, nous ne sommes plus dans la paix.
Dire, je souffre, je voudrais qu’on en parle est une attitude simple et  ouverte.
Chacun selon son cœur, selon ses croyances va trouver la source pour trouver  le courage de se positionner dans la relation et  travailler au pardon.
Quand on subit des violences ou qu’il reste des blessures de ces violences, nous développons du ressentiment et quelquefois de la haine, c’est normal, c’est humain. Qu’est ce que je fais de cela ?
En tant que personne humaine, je dois me positionner pour devenir artisan de paix, pour devenir un homme debout qui dit non au mal qu’il se fait ou au mal qu’il fait à autrui.

Ma méthode de travail

Je suis une technicienne de la relation et de la communication et non une psychotérapeute. Pratiquer ma méthode n’implique pas de se dispenser de se faire aider par un tiers pour résoudre des conflits psychiques.

Un travail en groupe

  • Le travail en groupe multiplie les interactions entre les personnes.
  • La parole de chacun est accueillie avec bienveillance, par plusieurs personnes en même temps et cela donne du poids à la parole.
  • Le groupe est aidant, il accompagne la personne en situation de jeux de rôle et s’implique dans sa problématique.
  • Ensemble, les personnes prennent conscience des blocages qui  existent au sein de la relation parce qu’ils vivent la situation et  en comprennent les enjeux. L’apprentissage de la relation devient ainsi plus léger car il est partagé.
  • La situation des uns fait écho aux autres.

La mise en situation permet de conforter sa  vision d’un problème parce qu’elle partagée par le groupe ; ou au contraire elle ouvre à  une interprétation à laquelle on n’avait pas songé  ou voulu voir, quelquefois de manière inconsciente. Les participants, par ce travail commun, nous aident  à ouvrir la porte des possibles, seule voie de résolution. Chacun apporte sa clé, et j’apporte des outils et ensemble nous travaillons  à aborder les problèmes différemment.

Un travail simple et concret

Le jeu de rôle c’est reproduire par symbole une situation complexe. Je demande aux stagiaires d’être dans l’action et l’émotion, de ne pas intellectualiser   leur problème. Le geste et la parole sont concrets, on ne travaille pas sur l’abstraction qui est réservée à une élite.
La prise de conscience s’appuie sur des objets matériels, visuels, symboliques. Les questions sont pragmatiques et renvoient le sujet à chercher des réponses concrètes et crédibles.
Ce qui marche bien ce sont des choses simples. Pour régler des problèmes de la vie quotidienne, il faut trouver des solutions basées sur le bon sens.
Par des  jeux de rôles interactifs, exercices de libération, j‘accompagne les personnes à se mettre en situation active de restitution de leurs ressentiments.
Par l’intermédiaire d’objets, supports de leur parole et de leurs émotions, les stagiaires restituent symboliquement  leurs blessures en formalisant leur souffrance par des mots, dans le but d’assainir la relation.

De quoi parle-t-on  dans la relation ?

Une relation relie deux personnes.

La visualisation de la relation

C’est  se représenter  matériellement la relation au moyen d’un ruban, ou d’une corde qui relie deux personnes. J’ai une cinquantaine de rubans et de cordes dans ma valise. Ils sont disponibles, différents et variés : colorés, transparents, usés, avec des anneaux comme une chaîne, fil de fer tordu bref des rubans de  toutes sortes.relation, mains, aquarelle

La symbolisation de la relation

Ces rubans imagent la représentation que les personnes, en situation de travail pendant le stage, ont de leur relation.Puis à l’aide d’objets, symbolisant l’objet de violence (fait ou parole), je matérialise ce qui fait frein à ce que ma relation soit saine.
J’utilise également des objets symbole  d’amour et de ce que je retiens de bon dans ma relation. Car nous verrons qu’il est importer dans la restitution de redonner les ressentis positifs.
Pour ce faire, j’utilise un choix hétéroclite d’objets : couteau, peluche, voiture, jouet…etc que les personnes choisissent pour visualiser la problématique qu’il rencontrent.
Après ces explications succinctes, je vous propose d’exposer comment je procède pendant mes stages afin de mieux vous faire comprendre ma méthode. Après avoir accueilli l’ensemble des participants et m’être présentée au groupe, j’entame ma démonstration

Démonstration de la visualisation et de la symbolisation de la relation par Marie Maquaire

Nous sommes en relation ce matin parce que nous partageons un temps ensemble. Dans ma relation à vous, je suis MOI, à un bout de la relation  et vous, vous êtes à l’autre bout. Le ruban est ce qui me relie à l’autre.
Laissez moi vous montrer les relations que j’entretiens dans ma famille.

La relation à mon ex-mari c’est ça : une chaîne
Avec mon père, filandreuse, pas nette: une corde effilochée
Avec ma mère qui contrôle ma vie, qui est partout et veut tout savoir, c’est un serpent
Avec mon frère, elle est vide comme un tuyau

On voit que selon la couleur, la forme, l’état, le matériau du ruban, je matérialise si c’est une belle relation ou une relation difficile.
Ceci pour vous faire comprendre la force de la visualisation et du symbolisme de ma méthode.

La co-responsabilité de la relation.

 Dans la relation, le ruban, il y  a deux bouts.

Chaque personne tient un bout de la relation et est  co-responsable de ce que produit  cette relation.
Le bout que je tiens, c’est mon bout et j’en suis responsable :

  • Dans ce que je dis
  • Dans ce que je fais
  • Dans les expressions, dans les attitudes que je donne à voir à l’autre

Je ne suis pas responsable de ce qu’on m’envoie mais je suis responsable de la manière dont je reçois.Dans notre vie il est très important de cerner ce qu’est la relation parce que tout passe dans la relation.Et cela, on ne l’apprend pas à l’école.On m’a appris des formules mathématiques dont je ne me sers pas. Cela pourrait me servir si j’étais architecte mais je ne le suis pas. Par contre aborder communiquer avec facilité et sainement, on ne l’apprend pas alors qu’on en a besoin partout, pour chaque acte de notre existence.
Que faire de cette responsabilité ?
L’assumer en se positionnant.

Le positionnement de la relation

Il s’établit en quelques attitudes :

Je peux demander

Je peux donner

Je peux recevoir

Je peux refuser

Chaque être humain est responsable de sa relation même un enfant.

Pour exemple

Je peux citer pour exemple le cas de ce jeune garçon qui se plaignait que son papa, qui était souvent absent du fait de son travail, n’était pas assez présent pour lui.
Nous avons travaillé à sa difficulté de rentrer en relation avec son papa et de faire sa demande par une mise en situation symbolique.
Il a choisi dans l’assistance un « papa de substitution » pour faire le travail. Nous avons mis en scène la relation symbolique avec son papa pour qu’il effectue sa demande« Je voudrais te dire que quand t’es pas là, tu pars trop longtemps et je te vois pas assez. » Et le papa de substitution de lui dire « je ne savais pas que mon absence te faisait autant de mal, je m’en souviendrais et je ferais attention à être plus présent pour toi ».

La mise en scène symbolique est une représentation des trois axes d’accès à la relation : Je me positionne, je fais ma demande et je me représente mes capacités à formaliser ma relation à autrui.
Le plus compliqué est de baisser sa résistance. Et de comprendre les mécanismes de la relation.
Qu’est ce qui entrave la relation, qui la sape ?

Le système S.A.P.E®

C’est un système donné par Jacques Salomé dont je m’inspire en partie.

S comme SOURD

Dans la relation, il y en a un des deux qui est sourd. Il n’entend pas la demande de l’autre. S’entendre ne veut pas dire être d’accord mais veut dire « OUI j’entends bien ce que tu dis ».
Un homme dit à sa femme : « tiens, je planterais bien quelques œillets dans cette plate bande. La femme répond « Oui j’entends que tu a envie de planter des œillets,  cela sent bon. Mais tu sais que la terre est très pauvre et mal ensoleillée.
Le mari reprend : Oui mais cela me rappellerait l’odeur  œillets du jardin de ma grand-mère. »
La femme dit : J’entends que  cela te fait plaisir et  je vois que c’est important pour toi.

Dans ce cas on voit bien que le dialogue est empreint d’écoute et de bienveillance. La même conversation, avec la vigilance bienveillante.

« Tiens, je planterais bien quelques œillets dans cette plate bande. Sa femme qui n’entend pas la demande  rétorque : «Mais enfin tu n’y penses pas, la terre est argileuse, mais c’est fou ça,  tu as toujours des idées fixes. »

Cette discussion fait violence et va créer un bouchon dans le climat relationnel et chacun va se retirer dans sa tranchée, prêt à tirer sur l’autre.

A comme AVEUGLE

Je ne veux pas voir ce que  l’autre me montre. « Mon mari a besoin de se ressourcer, seul, sans moi et il a envie de faire des belles balades  dans la forêt. Je lui oppose des arguments pour qu’il reste avec moi, parce que cela montre qu’il m’aime »

P comme PERVERS

C’est la manipulation de l’autre, l’instrumentalisation de l’autre pour arriver à mes fins. Ce sont des gens qui sont instables, qui disent blanc et font noir. Ce sont des relations très subtiles souvent de dominant à dominé.

E comme ENERGÉTIVORE

Votre relation est polluée par une personne qui prend tout votre énergie.

« Si ma belle mère a besoin de venir tous les deux jours parce qu’elle ne peut pas rester seule, elle est énergétivore »

Ces éléments sont des clignotants qui montrent les dysfonctionnements dans la relation.

Il y en a d’autres qui sont toujours le même système SAPE®

S comme SOMATISATION c’est quelque chose qui s’inscrit dans notre corps, signes avant coureur de la maladie. Les problèmes ressortent par notre corps.

A comme ADDICTION Signe d’aliénation et de dépendance à quelque chose pour compenser un malaise, une frustration.

P comme PATHOLOGIE C’est se rendre malade. La maladie est un langage. LA MALADIE/LE MAL A DIT

E comme ENERGÉTIVORE C’est le phénomène d’avoir des ennuis, des emmerdements à répétition. Se laisser déborder par les évènements.

Il faut alors reprendre les rênes de sa vie.

Le début d’une démarche communicative saine

Le questionnement préalable

C’est pourquoi, il faut décomposer les questions que pose une relation.

Répondre à ces questions c’est identifier ce que je veux faire de cette relation, c’est reconnaître où est ma part de responsabilité pour construire et  nourrir cette relation.

Il faut décomposer ces questions pour comprendre les freins et les obstacles qui se posent à une communication saine et sereine.

1/ Qu’est ce que je veux, qu’est-ce que je cherche au travers de cette relation ? Je m’interroge sur l’objectif que je veux atteindre.

2/ Qui est en difficulté ?

SI C’EST L’AUTRE JE L’ÉCOUTE

    Je reformule – je valide – je le rejoins au niveau de son ressenti –

 

 

 SI C’EST MOI JE PARLE

                        Je décris les faits – j’exprime mon ressenti-

                                        j’explique l’effet que ça me fait. Bouche, lèvres, dessin aquarelle

 

La reformulation, La vérification la validation.

 Au regard des éléments à intégrer, j’entends, je vois, je suis dans une écoute ou une énonciation bienveillantes et claires. C’est pourquoi je vérifie  la parole que j’ai reçue par sa reformulation qui pourra alors être validée par l’autre.

Pour exemple
Ma mère me dit qu’elle souhaite mourir.
La reformulation de la fille : Oui j’entends ce que tu dis, que tu veux mourir maman.
La mère : J’ai envie de rejoindre ton père car il me manque.
Vérification de la fille : « Ah oui tu es heureuse à l’idée que tu vas le retrouver »
Validation : oui, j’ai bien vécu et je suis prête.

La vérification est essentielle pour bien communiquer

                             JE PARLE……………………………….> IL ENTEND

                             JE L’ENTENDS……………………….> IL PARLE

On grandit dans la relation : je suis heureuse par ma relation et l’autre est aussi enrichi par sa relation avec moi.
Pour exemple :

« J’étais sur la plage avec ma petite fille qui s’amusait dans le sable. Lucille vient me voir et me dit :« Bonjour Mme vous voulez un gâteau ?»

Si je suis le registre de la grand-mère, dans la réalité  je vais répondre : « Mais enfin Lucille tu ne vas pas me faire manger du sable »

Si je me place sur le registre imaginaire de ma petite fille « je réponds : oh oui mais qu’est-ce que c’est que celui là ? Une religieuse …Ah très bien et celui là, une tarte au framboise, c’est combien ? D’accord je prends celui là. »

Imaginez le bonheur de l’enfant de voir sa grand-mère manger son gâteau.
Il faut de la souplesse pour s’adapter au registre de l’autre, pour communiquer au mieux.Cela souvent on ne sait pas faire.
Le piège est aussi d’attendre que l’autre demande, que l’autre parle, que l’autre agisse. L’attente est un piège qui enferme la relation dans le Non-dit, l’interprétation, le malentendu.
Cela demande un travail sur soi, du temps pour ne pas  accuser, ne pas être dans le jugement mais dans l’acceptation que l’autre n’est pas  soi et qu’il peut accepter la demande, la différer ou la refuser. C’est de sa responsabilité et cela lui appartient.
Il faut accepter que dans cette relation, je ne suis responsable que d’un bout de la relation.
Cela implique :
Admettre que l’autre  n’a peut être pas fait le même travail que moi et/ou ne sait pas faire.
Admettre qu’elle peut dire NON à ce qui est dit et avoir une attitude de défiance à tout ce qui vient de moi.
Communiquer, c’est prendre un risque dans sa relation pour devenir :

 Libre Esclave

Responsable Irresponsable

Pacifié Agressif – violent

  • Je fais une demande « ouverte », je laisse la possibilité d’une réponse à l’autre.
  • Je donne sans contrepartie, je m’offre à l’autre et je peux être refusé.
  • Je sais recevoir ce qui vient de l’autre mais je ne contrôle pas ce que je reçois.
  • Je sais me positionner dans l’affirmation comme dans le refus même si cela implique d’être différent.

Mais attention, c’est très difficile à mettre en place car ce n’est pas dans notre habitude, on n’a pas été construit avec ces mécanismes d’écoute relationnelle.
Je mets les formes pour mes relations.Quand les personnes sont familiarisées avec ce travail, chaque « accroc » devient facile à exprimer et rend la relation fluide et saine.
Prenons un cas très quotidien, dans le cas d’une relation  sereine.

Christelle, se plaint de son compagnon qui ne l’écoute pas puisqu’il conclut « tu ne me l’as pas dit ».

Quel est son objectif ? Que cesse la situation récurrente de ne pas être entendue et de se débarrasser de l’énervement que cela provoque en elle ? (Elle choisit un ruban qui symbolise la relation qu’elle a avec E et un sac plastique, symbole de l’étouffement qu’elle ressent)

Qui est en difficulté ? C’est Christelle

C’est donc à elle de parler et d’exprimer son malaise et sa demande.

Elle parle des faits :

Je lui avais parlé du spectacle d’une amie. Quand il a fallu s’y rendre, il m’a dit, « tu ne me l’as pas dit » alors qu’on en avait parlé.

Elle exprime son ressenti :

Je ne me sens pas entendue et mis en accusation par le « Tu ne me l’as pas dit ». Je n’insiste pas, et je fais un effort pour ne pas mettre ma relation à mal mais à l’intérieur de moi, je garde le malaise. Je ne supporte pas qu’il me dise « tu ne me l’as pas dit »

Dialogue de travail avec Marie Maquaire

Marie : Au lieu de reconnaître je n’ai pas entendu.

Christelle : C’est quelqu’un qui parle beaucoup et je me coupe et m’efface pour établir un espace de protection.

Marie : Choisis un moment où il est reposé et à l’écoute.

Christelle  : Je n’arrive pas à lui faire ce reproche car il est très généreux et beaucoup plus que moi.

Son compagnon, présent lors de l’exercice s’explique

Eugène : J’avais entendu que son amie faisait un spectacle mais je n’avais pas compris que nous y allions. C’est pourquoi j’étais surpris quand elle m’a demandé si j’étais prêt à partir pour nous y rendre. (Il accepte le sac plastique car il ne nie pas l’étouffement que la situation provoque mais il renvoie l’inexactitude des propos de Christelle  qui a induit une mauvaise interprétation.

Intervention de Marie

Marie: à Christelle  : Il faut peut être que tu sois plus précise et que tu vérifies qu’il a compris le message que tu voulais faire passer.

Christelle : Pour moi c’était évident.

Marie: Ce qui est évident pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre. Et chacun doit reprendre le bout de sa relation, celui dont il est responsable. Il faut accepter que dans chaque relation, on ne maîtrise qu’un bout de la relation : le sien.

La première étape étant de lever sa résistance et accepter de demander et vérifier que l’autre a compris le message, qu’on parle de la même chose.

C’est la VÉRIFICATION qui est un point essentiel du processus de communication entre deux personnes

Cette relation sereine et équilibrée aujourd’hui, peut dégénérer en une succession de petits noeuds qui finiront par déséquilibrer la relation, l’appauvrir au lieu de la nourrir.

Voyons maintenant si rien n’est fait.

Revenir à la source du déséquilibre

 

L’identité se construit avec des références souches que nous vivons dès la première seconde de notre existence. C’est souvent en revenant à cette source relationnelle que nous comprenons ce qui nous a construit ou détruit.

Il faut donc creuser l’enfouissement, déterrer la souche pour mettre à jour ses racines, les bonnes et saines et celles responsables du pourrissement.

L’enfance est une période clé pour la construction de notre identité. Si on recherche les maux du présent on trouve presque toujours l’origine de ses maux dans des violences reçues le plus souvent dans l’enfance ou l’adolescence.

Quelles sont ces violences ?

Définition des violences relationnelles

 

LA TRAHISON

L’ABANDON

LE REJET

L’HUMILIATION

L’INJUSTICE
Prenons l’exemple d’une femme d’une quarantaine d’années.

Sa mère, toute jeune fille tombe amoureuse d’un garçon et dès leur première relation sexuelle, elle attend un enfant. Ce premier enfant sera le premier  d’un mariage précipité d’une toute jeune fille qui croit encore à l’amour. Trois autres enfants suivront de cette union dans un climat familial dégradé. Cette dernière petite fille naîtra sans être désirée. Alors encore fœtus, elle subira sa première violence « Le rejet » qu’elle vivra pendant toute son enfance. Dans cette famille les relations sont très conflictuelles et empreintes de violences physiques quotidiennes. Le père est alcoolique et  violente femme et enfant. La peur, l’angoisse de grandir dans ce climat insécurisé entraîne une deuxième violence chez la fillette : « l’injustice » de subir des coups qui ne sont en rien de sa responsabilité. Le père finit par partir, ne pouvant plus échapper à ses responsabilités, à l’échec de cette vie qu’il ne sait pas mener avec dignité. Une troisième violence, celle de « L’abandon » est infligée à l’enfant, même si elle subissait ce quotidien destructeur, cet homme était son père. La maman se remet avec un homme qui après avoir été le meilleur des papas de substitution, abuse sexuellement de la fillette, grâce à la manipulation de son sentiment d’amour. C’est la quatrième violence « l’humiliation » et enfin, dépassant son angoisse et sa terreur, la fille s’ouvre à sa mère pour qu’elle la sauve et la mère après ses confidences sur les viols de son beau-père la traite de menteuse et ne fait rien : c’est la cinquième violence « la trahison ».
Voilà définies dans un contexte de vie,  les situations de violence citées précédemment. Les violences s’appuient sur des faits mais le ressenti de ces violences existe sur des émotions intimement vécues. Il témoigne de mon sentiment et je ne peux l’empêcher de m’habiter.
Si elle ne fait rien, cette femme va vivre toute au long de sa vie avec ses multiples blessures initiales.

Identifier les violences dont on a été l’objet est un premier travail et comprendre qu’il faut se débarrasser des  blessures laissées en nous est un objectif vital pour vivre sereinement avec les autres.

Quelle soient interprétées, justifiées, les violences sont en premier lieu RESSENTIES, VECUES.

Un ressenti ne se conteste pas.

Les schémas fonctionnels de la relation en cas de violences

Un système fermé générant des réactions négatives

 

RÉACTIONS  ce qui se fabrique à l’intérieur de soi :

Somatisation

Renfermement

Tristesse

Rancune       

Dépression

Violences      

Automutilation         

Suicide/tentatives

On doit agir sur la blessure originelle de la souffrance et non sur ce que nous fabriquons car tant que la blessure est en nous, nous continuons à être responsables des réactions que la blessure entraîne.

Un positionnement relationnel ambigu

 

Quand on a affaire à un manipulateur ou un dominateur, la relation n’est pas équilibrée. Il faut donner des outils d’émancipation pour réhabiliter la relation et que la personne revienne sur une relation égale

Réhabilitation de  la relation de personne à personne

Il faut donner des outils d’émancipation à la personne dominée pour réhabiliter une relation équilibrée. La personne dominée devenue autonome ne se laissera plus dominer par la personne dominante.

Le phénomène de restitution

Chercher la source du conflit intérieur

C’est une lente démarche qui demande un lâcher prise qui ne s’improvise pas, surtout quand il s’agit de dénouer des nœuds qui existent en soi depuis de nombreuses années.

Nous avons vu la nécessité de savoir où en est-on dans la démarche au début du processus de restitution avec la question « qu’est-ce que je cherche ? »

Savoir sur quoi on doit travailler dans sa tête, dans son cœur.

Cela induit une autre question :
« Quelle relation j’entretiens avec moi même ? »

Etre bien avec soi même c’est important pour savoir qui je suis.
Cela permet d’identifier ce qui m’encombre.
Si je prends un RAT comme symbole de la blessure, de la souffrance
Si j’admets que je souffre de cette blessure, j’admets que j’ai ce RAT en moi.
J’ai  donc un rat en moi et il faut que je m’en débarrasse mais comment l’enlever ?
Prendre conscience qu’on a un rat en soi, cela veut dire qu’on l’apprivoise, on l’examine, on s’est construit avec ce rat. Il faut donc revenir aux relations sources, celles qu’on entretient avec des personnes signifiantes pour soi, souvent les personnes qui sont des référents pour soi et comprendre qui a déposé ce rat.
Quand il est identifié, il faut accepter de le lâcher parce qu’il empêche de faire la paix avec soi même.Quand je me sens en capacité, c’est à dire quand j’ai fait la paix en moi, je peux me destiner à redonner le rat (Principe de restitution)  à la personne  qui me l’a donné. Mais je suis capable de le faire avec paix et tendresse avec les mots qui décrivent mon ressenti.
Je le fais par amour pour moi et je n’attends pas d’autre soulagement que de me débarrasser de mon rat : je ne l’ai plus. J’évacue l’objet du ressentiment que j’ai contre la personne.
Mais pour entamer ce processus de restitution, il faut être prêt car si le travail en amont n’est pas bien mené, la personne prend le risque d’être blessée, rejetée encore une fois.
Il faut avoir accepté qu’on ne peut pas se débarrasser de notre sentiment (tristesse, haine, jalousie, rancune etc…) parce que c’est nous qui le fabriquons. Par contre  on peut se libérer de la violence qui existe dans la relation.
Il faut accepter de redonner l’objet de sa souffrance à la personne qui est ou a été responsable de la violence que j’ai reçue, celle qui est en moi, plutôt que d’attendre un pardon éventuel. Car cette souffrance provoque un mal être en soi qui empêche de vivre sereinement. Je dois le faire même si la personne responsable ne reconnaît pas le tort qu’elle a causé.
Cette démarche est vitale pour se relever et ne plus accepter de recevoir de la violence et d’être capable de restaurer la relation dans un acte de pardon et d’amour. Je peux accueillir sans prendre car exiger de l’autre le pardon est un acte de violence.

Le symbolisme de la restitution

Une fois qu’on a pris conscience du mal qui est en nous, il s’agit de le symboliser. Pour ce faire, pendant la formation, je demande aux personnes de symboliser la relation et l’objet du ressentiment par un objet concret.Cela permet d’être confronté à la réalité de la relation. Un ruban pour la relation, un objet pour le ressentiment, des mots simples pour restituer l’objet à la personne qui est à la source du ressentiment.

Il faut se débarrasser physiquement de cet objet en le rendant à la personne, c’est lui laisser la part qui lui appartient.
Les exemples de Mylène  et de Christelle  pourront éclairer mon propos. Elles ont vécu toutes les deux la même histoire :

Une maman enceinte de l’enfant qui arrive trop tôt, ou dans un contexte économique difficile. La maman  confie la garde de l’enfant à la grand-mère afin de se libérer pour aller travailler. L’enfant reste chez sa grand-mère et malgré le fait d’être aimé et soigné, il s’est senti abandonné par sa mère.Grandies, conscientes de la source de leurs relations dysfonctionnelles avec leurs mères respectives, elles travaillent toutes les deux à en identifier la source. Après un travail sur soi, elles aboutissent à la restitution symbolique.Pour Christelle, cela se fera en douceur et compréhension.
La maman, au début, ne comprend pas bien le reproche mais ne voulant pas blesser sa fille elle reçoit sa demande avec bienveillance mais pour autant pensait ne pas devoir être l’objet du reproche d’abandon. Sa fille déjà exercée à la pratique de la communication ouverte a demandé à sa mère d’assister à une formation en communication relationnelle avec Marie, cadeau de ses cinquante ans. Marie assistera la mère et la fille dans la restitution symbolique du ressenti de Christelle. La maman acceptera  l’objet symbolisant son ressenti.
Depuis, elles ont des relations ouvertes et nourries. « Je ressens davantage ma fille. Nos relations sont proches et saines. » Quant à Christelle, elle définit sa nouvelle relation comme plus fluide. Christelle ayant elle même fait son chemin d’apprentissage pour préserver la relation à ses proches, a accompagné sa mère dans cette recherche. Pour Mylène, la résolution a pris un autre chemin. Mylène après avoir identifié la source du malaise dans la relation à sa mère, a décidé de choisir une bûche, comme objet symbolique de restitution. Elle l’a conservée dans le coffre de sa voiture jusqu’au moment où elle s’est sentie prête à la restituer à sa maman. Elle est arrivée un jour chez sa mère et lui a dit « Cette bûche représente le ressenti que je porte en moi depuis longtemps, celui d’avoir été abandonnée quand j’étais petite, quand tu m’as laissée en garde à ma grand-mère. Je te redonne ce poids mais je ne t’en veux pas, je comprends que tu n’as pas pu faire autrement. Je suis reconnaissante de ce que tu m’as donné, mais je ne peux plus vivre avec ça (la bûche qui représente le ressentiment de l’abandon) »La mère n’a pas accepté, niant sa responsabilité et se défendant, convaincue d’avoir fait au mieux pour sa fille. Elle la traite d’égoïste « Après tout ce que j’ai fait pour toi, je ne comprends pas pourquoi tu m’en veux, tu me fatigues à m’accuser sans cesse ». La conversation s’arrête. La fille repart laissant la bûche là où elle l’a posée : dans l’entrée. La bûche est restée au même endroit, dans l’entrée pendant quelques mois sans qu’aucune des deux n’en reparle. Mylène continuait d’aller voir sa mère, heureuse, malgré tout, de la retrouver : elle s’était débarrassée de son ressentiment. Un soir, alors qu’elles étaient devant l’âtre de la cheminée, sa mère, simplement lui dit « Mylène, va chercher la bûche ». « Tu veux parler de la bûche qui est dans l’entrée… » répond sa fille stupéfaite. « Oui celle là » dit la mère « il est temps de la brûler ».La mère avait accepté en brûlant la bûche la demande de Mylène. A la suite de cet épisode, Mylène qui n’arrivait pas à avoir d’enfants, a mis au monde deux petites filles. Ces deux situations aboutissent dans les deux cas à une situation pacifiée même si les personnes ont pris des chemins différents pour y parvenir.

Savoir donner et savoir recevoir

Il faut retenir qu’à chaque fois qu’on en veut à une personne, cela nous ronge. Il faut donc admettre que l’on fait cette démarche par amour pour soi, pour être bien, pour se libérer du carcan de nos ressentiments. L’objet est un support à la parole et à l’émotion.

Cela implique que nous ne sommes responsables que d’un bout de la relation et nous ne pouvons pas maîtriser ce qui appartient à l’autre. Je n’ai pas de prise sur sa réaction.

Vouloir ne pas faire de mal à la personne piège parce qu’à ce moment là : on prend les deux bouts de la relation. Il faut lui laisser la part qui lui appartient.

Accepter également que son temps n’est pas le mien. C’est pourquoi il est impératif  dans la restitution de :

  • s’appliquer à avoir des gestes et des mots bienveillants.
  • D’entendre qu’elle ne puisse pas accepter ma demande
  • D’accepter qu’elle ne puisse pas comprendre
  • De distinguer la personne de ces comportements
  • De ne pas exiger le pardon de la personne
  • De ne pas juger et accuser
  • Mettre sa pudeur en retrait et dire les choses comme on les ressent, sans colère.
  • Ne pas hésiter à dire le bon

Exemple :

« Je te redonne les mots que tu m’as légués car je ne peux plus vivre avec. Alors je te les ai ramenés. Même si je sais que tu as bien voulu faire et que je te suis reconnaissante de ce que tu m’as donné, ça je n’en veux plus. Tu en fais ce que tu veux. Peut être que toi aussi tu as reçu ça d’un autre mais je ne peux pas le porter pour toi. Aujourd’hui  j’ai confiance en moi et dans la vie. Tu es une personne importante pour moi et je ne veux pas garder ça entre nous. C’est parce que je t’aime que je te le dis »

Le pardon

Dans l’acte de restitution il y a une intention de réparation de soi. C’est cette intention qui  fait que j’accepte de ne pas garder l’objet de mon ressentiment. C’est ce qui fait la force de la restitution symbolique.

On ne peut pas changer le passé, le mal est fait. Par contre on peut travailler au pardon, pour soi, pour que la relation se restaure de façon saine et ne soit plus sous le signe d’une violence contenue. Ne rien faire c’est prendre le risque d’une relation rompue, tronquée.

Parler c’est prendre le risque d’un refus, ce n’est pas un acte magique mais c’est un travail de lâcher prise pour un mieux être et pour l’espoir d’une relation restaurée avec peut être à la clef la réussite du pardon.

Quand je veux absolument que l’autre m’aime, que l’autre me reconnaisse, mon désir devient une violence. Quand je travaille à l’intention que je mets dans la restitution, je nettoie la relation, je la débarrasse de son action négative sur moi.

J’aurais toujours les cicatrices de mes blessures mais elles ne seront plus à vifs.

Elles ne m’empêcheront plus d’avancer car quand je m’en serais débarrassé, je pourrais passer à autre chose

« Quand j’ai travaillé avec des jeunes étudiants au Rwanda, j’ai fait la proposition de travailler à la restitution symbolique des violences. J’ai eu la chance d’accompagner une jeune fille qui souffrait du massacre de toute sa famille par un voisin, le père de son ami, avec qui elle avait grandi. Ce massacre avait bien évidemment anéanti leur relation. Après avoir assisté à une de mes présentations, elle a choisi comme objet symbolique de restitution une  petite machette  en bois qu’elle avait sculptée elle même. Quand elle a été terminée, elle a mis du temps à avoir le courage de se présenter devant son ami mais un jour elle l’a fait.

Elle s’est présentée à son ami en lui disant : « J’ai quelque chose  d’important à te dire. J’ai un objet avec moi que je voudrais te donner parce que je ne peux plus le garder dans mon cœur. » Puis elle lui a tendu la petite machette en bois en lui expliquant qu’elle représentait tout la violence que le massacre avait produit en elle dont elle voulait se débarrasser. Elle lui expliqua aussi qu’il lui avait fallu du temps pour sculpter, et que ce temps lui avait permis de mettre toute sa douleur dans la machette. Elle conclut en lui disant : «Aujourd’hui, je ne veux plus de cette violence et je fais le geste de te la restituer »

Il a accueilli l’objet dans ses mains et il a pleuré, bouleversé. A son tour la jeune fille a pleuré et ils se sont serrés dans une étreinte d’amour. »

Le bout de bois a été le symbole de leur réconciliation et du pardon.

Alors que j’exposais cet  exemple démontrant la fin heureuse d’une restitution, lors d’une intervention, un jeune a réagi avec force en disant : « je ne peux pas, jamais, jamais je ne pourrai pardonner… »

J’ai répondu « je comprends que vous ne pouvez pas, pour le moment vous ne pouvez pas et je respecte votre choix. »

Il faut accepter ce risque du refus, accepter que l’autre ne soit pas dans le même temps, ni même qu’il ait pris le même chemin. C’est la tolérance. L’important c’est de demander même si je n’obtiens  pas ce que je veux.

La rupture de la relation

 Comme nous l’avons partiellement abordé, quelquefois, nous avons affaire à des personnalités pernicieuses et perverses. Souvent elles ne sont pas conscientes du mal qu’elles font et il est alors très difficile de maintenir des relations.
Dans certains cas, on ne trouve pas de solution, il est vital de rompre la relation pour ne pas se perdre soi même.
Mais même dans ces cas extrêmes, le travail de communication peut apporter des réponses sur ce que je ne veux pas dans mes relations.
L’exemple ci-dessous illustre bien cette situation.

Emeline s’installe pour travailler les relations dans sa famille.

Elle choisit un fil  de fer pour symboliser sa relation qu’elle qualifie de dure avec son père.

Militaire de carrière, il est souvent absent il est exigeant, dur, il commande et c’est marche ou crève.

Pour la relation à sa mère, elle hésite et voudrait trois rubans :

–       Une chaîne parce qu’elle se sent prisonnière dans cette relation

–       Un serpent car elle se sent manipulée par cette mère qui use de la violence verbale contre elle

–       Un ruban noir car sa mère profondément angoissée, n’aime pas la vie

Elle prend ensuite un sac en plastique, objet symbolique de l’étouffement qu’elle ressent face à sa mère et une figurine de GI Jo (héros militaire de bd) pour symboliser l’impression de devoir plier aux commandements de son père.

Emeline prend aussi des objets symboliques positifs pour chacun des parents :

–       Un cheval pour l’énergie de son père

–       Une fleur pour la gentillesse de sa mère

 Emeline : J’ai presque 30 ans et cela fait 20 ans  que les choses sont en l’état. Ma mère a tellement de problèmes que c’est comme si je n’en avais pas.

Après avoir déposé symboliquement le mal qu’elle reçoit de sa mère grâce au sac de plastique qui représente l’étouffement et poser des mots sur son désir de rompre les relations avec elle,  Marie Maquaire l’invite à réfléchir sur son avenir de maman rappelant qu’il y a une mère qui éduque et une maman qui donne de la tendresse.

Emeline : Je ne sais pas ce que c’est d’avoir une mère qui s’occupe de moi.

Marie : Qu’est-ce que tu vas faire avec ça ?

Emeline : Je me pose la question de qu’est-ce que c’est qu’une mère ? Même si je vois autour de moi les mères des autres, on ne m’a pas appris ce sentiment.

Marie : quel est ton projet de vie ?

Emeline : Je veux concilier l’exercice de ma foi avec une vie maritale mais je ne veux pas reproduire. Je sais ce que je veux être mais je sais que je ne veux pas être comme elle.

Marie : Quelle mère veux-tu être ?

Emeline : La vie c’est pour apprendre à aimer. On est responsable du bonheur des autres. On doit être attentif. Je veux m’adapter à la personnalité de mon enfant pour lui apporter une vie heureuse.

Marie: Je te propose de prendre symboliquement ton enfant et le lien qui vas t’unir à lui,  à qui tu vas dire quelle mère  tu veux être pour lui. Tu vas garder aussi les objets symboliques d’amour de tes parents : cheval de ton père et la fleur de ta mère.

Emeline : Je choisis un ruban jaune car c’est la couleur des cheveux de la Vierge Marie. Elle prend Michelle pour son enfant.

Marie : Le travail c’est faire sentir la chaleur, la tendresse que tu voudras apporter à ton enfant.

Emeline : Je voudrais lui apporter une relation chaleureuse que je ne connais pas aujourd’hui.

Marie : Tant qu’on reste dans la tête on ne touche pas à son émotion et on ne peut pas travailler. Il faut lâcher son émotion.

Emeline : (Après un moment de silence, elle engage le dialogue avec Michelle, sa fille de substitution.) « Viens je vais te préparer ton goûter. « Ça a été à l’école ? »

Michelle : « Oui cela a été, j’ai eu 10/10 en récitation. La    maîtresse, avec moi elle a été gentille mais des fois elle est dure avec ma copine»

Emeline : « On ira faire les devoirs après ton goûter et puis après ton père va rentrer. Je te raconterai une histoire. »

Michelle : « Oh oui celle des trois petits ours. »

Marie : « Comment tu te sens Emeline car moi j’ai entendu une petite fille qui parlait à sa maman avec spontanéité et j’ai vu une maman qui répondait avec douceur à sa fille. »

Emeline : « Je sens que c’est très difficile pour moi de m’identifier à une mère, bien sûr je réponds à  des phrases sans trop savoir mais j’ai encore peur de ne pas pouvoir être une bonne mère »

Marie : « Moi je trouve que déjà pour une jeune femme qui n’a pas d’enfant, tu as une attitude ouverte en te positionnant penchée vers ton enfant. »

Derrière toute peur il y a un désir. Toi seule peut mettre la peur ou le désir.

Emeline sait que les relations avec sa mère sont rompues, pour l’instant afin de se préserver mais elle a eu l’occasion de travailler son angoisse léguée par le comportement de sa mère qui n’a pas été en capacité d’être une bonne mère.

Démonstrations concrètes de mes interventions

Clarifier une situation

Les interventions permettent aux personnes de se mettre concrètement en situation, de se confronter à une expérience vécue  qui même si elle est différée, ne s’ancre pas moins dans un travail  d’énonciation affective et émotionnelle.

La personne reçoit un feed back des autres participants qui lui apportent une autre interprétation de son problème, une autre réponse que ce qu’elle a échafaudé depuis souvent très longtemps, enfermée dans une relation qui tourne en rond.

Formaliser des mots, s’exprimer, énoncer sont des actions hors de la pensée stérile, qui s’ancrent dans la réalité.

Exposer son problème c’est aussi le clarifier car il faut faire un effort à haute voix d’explicitation, ce qui oblige à la cohérence afin que les autres comprennent. C’est démêler point par point une situation en isolant chacun des éléments qui fondent une relation.

  • Un lien affectif
  • Une personne
  • Un ou plusieurs  ressentis
  • Une  interprétation
  • Le résultat de mon  action

Extraits de séance

Propos recueillis au cours d’un séminaire de travail en date du 29 juin 2013 et du 7 septembre 2013 avec l’autorisation des personnes concernées

Le cas de Anabelle

Marie : Qu’est ce que je peux faire pour vous Anabelle  ?

Anabelle : Je voudrais travailler la relation difficile que j’ai avec mon fils.

Marie : Dans quel but ?

Anabelle : Pour aller mieux et éventuellement faire le deuil de cette relation qui me fait souffrir. Quand on a fait ce qu’on a pu et que l’autre ne veut pas que cela change, peut être faut-il faire le deuil.

Marie : Dites nous votre problème.

Anabelle : Mon fils habite le même village que moi car il a repris la ferme familiale. Nos relations sont inexistantes. Je n’existe pas pour lui sauf quand il revient prendre son fils que je garde une fois par semaine : il vient le chercher et il s’en va. On ne passe jamais de temps ensemble. Quand je l’invite il refuse et ne nous invite que très rarement chez lui. Il ne me parle de rien même pas des activités de mon petit fils. Je souffre de ce manque de contact et de ne pas pouvoir lui dire ce que je ressens. J’ai essayé après la première formation de lui parler, de me positionner vis à vis de lui, comme vous l’aviez expliqué mais cela n’a rien changé. Il était à la maison et je me suis dit c’est le moment où jamais. Je lui ai dit : Je voudrais te dire deux mots. Je lui ai expliqué que je souhaiterais avoir de meilleures relations, le voir davantage. Il m’a écouté mais n’a rien dit. Puis j’ai ajouté : j’ai l’impression que ma famille représente  quelque chose que tu n’aimes pas. Il m’a répondu oui, je préfère mes beaux-parents. Il n’a pas eu d’autre réaction et les choses en sont restées là.

J’ai cru que je pouvais encaisser mais je continue de souffrir.

En plus mon mari ne me soutient pas car lui a des relations de travail avec lui et il est content. Il me dit « ça ne sert à rien de t’obstiner » Je ne me sens pas comprise. 

Marie : En temps que maman que voulez vous avec votre fils ?

Anabelle : Ne plus être une étrangère, qu’il me reconnaisse comme sa mère et qu’il ait plus de reconnaissance pour moi car aujourd’hui je suis transparente à ses yeux.

Marie : Votre désir est un désir sur lui. Prenez votre fils pour travailler.

(Anabelle  choisit Eric qui se substitue au fils d’ Anabelle : pour le travail)

Comment voyez vous votre relation à votre fils, choisissez la (Marie l’invite à choisir un ruban qui représente symboliquement sa relation)

Anabelle : Transparente, en filigrane. Je choisis le fil de fer à la fois fin et ténu.

Marie : Comment allez vous lui dire ce que vous souhaitez ?

Anabelle : Il me semble qu’on a pas beaucoup de relation. C’est un peu dur. Je pense que tu rejettes un peu ma famille. Je sais que tu t’occupes bien de tes enfants.

Marie : S’adressant à Eric, comment vous recevez ce que Anabelle  vous dit ?

Eric : Tu as une attente sur moi mais je ne partage pas ton point de vue. Les réunions de famille c’est pas mon truc. Je ne parle pas beaucoup, je suis comme papa.

Marie : Peut être qu’aujourd’hui, il ne peut pas voir les efforts que vous faîtes car il y a eu une accumulation d’attitudes passées qui n’ont pas été éclaircies.

(Anabelle  se met à pleurer) Comment pensez vous qu’il réagirait s’il voyait vos pleurs.

Anabelle : Oh  il n’aime pas ça, il me l’a déjà dit, ça l’énerve,  je ne suis pas sûr que cela changerait quelque chose.

Marie : Je vous invite à ne pas penser à sa place. Voilà ce que moi je dirai même si cela ne doit pas être une référence pour vous, je vous donne des phrases neutres qui peuvent être employées pour vous relier à lui  : Marie (à la place de Anabelle) : « C’est peut être la première fois que je pleure devant toi. C’est parce que j’ai mal car j’ai l’impression de ne pas exister pour toi. Je ne veux pas t’accuser ou te culpabiliser. Je veux tout simplement te dire ma souffrance et combien c’est dur pour moi. J’ai sûrement fait des erreurs mais sache que je t’aime. » Comment entends-tu cela ? (en s’adressant à Eric)

Eric : Ça me touche. Je te connais depuis longtemps et je sais que pour toi c’est difficile de laisser aller tes émotions car tu ne montres pas tes failles. Cela peut changer des choses dans mon cœur.

Marie : (continuant à la place d’Anabelle)  : Cela me touche ce que tu dis. Je ne sais pas faire, mais j’aurai envie  d’apprendre parce que c’est important pour moi. Quelle blessure j’ai provoqué en toi ?

Eric : Je voulais de l’amour et de la tendresse quand j’étais petit garçon. Je ne l’ai pas eu et on est passé à autre chose, les relations se sont éloignées.

Anabelle : J’ai cru lui donner de la tendresse mais moi je n’en ai pas reçu beaucoup. C’est peut être cela.

Marie : vous avez accumulé depuis si longtemps un ressentiment qui est dur pour vous qu’il est important pour vous d’accepter de lâcher prise.

Anabelle : J’ai envie d’y croire encore mais j’ai du mal. Je sens qu’il n’a pas besoin de moi.

Marie : L’acceptation d’une situation c’est positif sinon c’est subir. Vous ne pouvez pas l’obliger à vos vues.

Je vous invite à travailler sur l’émotion, sans intellectualiser la relation, même s’il ne veut pas montrer son émotion en pensant « je ne vais pas me laisser piéger par les larmes de maman ». Il aura vu et entendu votre souffrance. Et c’est important pour vous de l’exprimer.

Votre fils vous donne l’occasion de travailler quelque chose en vous. Peut être que dans son inconscient il vous pousse à vous retrouver. Il faut vous montrer dans votre vérité.

Le cas de Odette

Marie  : Comment je peux vous aider Odette ?

Odette : La relation avec mon père est inexistante et ma mère a une emprise sur moi. Ma mère s’adresse à moi comme à une petite fille et mon père ne me parle pas. Il est dans les non dits.

Je suis dans la souffrance.

 Je sais qu’il est important de garder un lien qui s’avère être difficile mais je ne sais pas où est le nœud. Je sais que j’ai la blessure d’une correction avec un ceinturon par mon père un jour que j’étais en retard de l’école. Je n’ai pas compris mais je sais que le lien a été brisé dans mon corps.

J’ai trop peur de dire à mes parents ma blessure. J’en ai marre d’avoir la boule au ventre quand je leur parle.

Quand j’ai été mère, j’ai eu l’angoisse de reproduire le comportement de ma mère avec eux. J’en ai pris conscience et j’ai voulu y travailler. Je sais que j’ai un problème avec mon fils Fabien et je veux comprendre ma responsabilité dans ce qui lui arrive.

Marie  : Comment voyez-vous les liens avec votre père, votre mère et Fabien, votre fils.

Odette : Pour mon père, c’est un lien effiloché, il existe mais il n’est pas clair. Il n’est pas lisse, ce n’est pas un beau lien.

Pour ma mère, c’est le serpent que je choisis. Elle s’immisce dans ma vie sans cesse. Quand elle n’est pas là,  elle est quand même là, dans ma tête. Dans beaucoup de situations je me dis « Qu’est ce que maman ferait ? »

Pour Fabien mon fils,  je prends cette corde solide et dure car la relation est forte mais elle est bloquée, c’est pour cela que je prends la corde avec deux nœuds à chaque bout. Je n’entends pas ce qu’il me dit et lui est blessé et  se méfie de ce que je lui dis.

Marie  : Je vous propose Odette de travailler aujourd’hui sur la relation à votre fils. Qu’auriez vous à en dire ?

Odette : Fabien est le troisième enfant. Pendant la grossesse le médecin  nous a dit qu’il serait sans doute handicapé et qu’il valait mieux avorter. Avec mon mari on a dit NON mais j’ai été angoissée pendant tout le temps de ma grossesse d’accueillir un enfant handicapé. J’ai aussi mal vécu le jugement du médecin qui n’admettait pas notre choix. L’enfant est né tout à fait bien. Pourtant, je sais que cette angoisse est restée, je l’ai déposée chez lui. Quand Fabien est en colère il nous dit »pourquoi vous ne m’avez pas tué ? » C’est lui qui  a pris ma colère, mon agressivité. On n’a pas pris en compte sa fragilité, on l’a supporté sans prendre en compte sa sensibilité.

Marie  : Prends ton fils (Odette choisit Christian qui prend le rôle de Fabien et s’assoit en face de Odette). Prend un objet qui représente ton angoisse pour ton fils et dis lui ce que tu ressens.

Odette : (choisit une grosse mygale noire en peluche)

Fabien, j’ai pris conscience du mal que je t’ai fait à ta

 naissance qui s’est déroulée dans des circonstances particulières de souffrance. Je veux te demander pardon parce que je suis responsable de ton mal être. Pardon de mes limites, de mes fragilités. Mais je veux que tu saches que je t’aime. Je te rends l’objet de mes angoisses à ton égard.

Marie  : comment te sens tu d’avoir dit cela ?

Odette : Je suis soulagée.

Marie  : Peux tu lui demander de te rendre à son tour  l’objet symbolique de ton angoisse ?

Odette : Je te demande de me rendre l’objet du mal que je t’ai légué. Mon angoisse c’est de te voir vivre avec l’angoisse qui m’appartient.

Marie  : Vérifie qu’il a bien entendu ta demande. L’objet symbolique rend palpable l’objet de la souffrance. Je lui propose de me rendre l’objet mais j’accepte l’hypothèse qu’il garde l’angoisse. Quoiqu’il dise, je vérifie qu’il a bien entendu ma demande. Quand ma parole est trop longue, l’autre n’existe pas, il n’y a pas de dialogue.

Odette : J’ai le temps d’attendre, c’est toi qui décides.

Christian (fils de substitution) : En fait je vis cette angoisse que je porte tout le temps. Je savais que cela venait de toi, je suis content que tu me le dises car maintenant je vais pouvoir respirer un peu mieux surtout si tu la reprend (l’angoisse).

Odette : Oui, j’ai entendu que tu as été angoissé et que tu veux bien me rendre cette angoisse.

Christian : je voulais te dire que je ne suis pas sûr d’y arriver mais déjà je vois que cela te soulage. Je vois aussi que tu te rends compte de ce que je supporte.

Odette : Je sens que c’est difficile pour toi et que tu n’es pas encore prêt à me pardonner.

Christian : je prends conscience que j’ai beaucoup reçu de toi et de papa. Même si je ne le dis pas souvent et que

 je ne le montre pas, je t’aime.

Marie  : L’amour est plus fort. Les paroles d’amour sont des ondes positives. Il faut inventer l’amour. C’est un devoir de vie d’être heureux. Mais cela doit se faire dans le respect de la liberté de son temps, je lui ouvre la porte. Odette que retiens-tu de cela ? ?

Odette : Cela m’a aidé à comprendre. Cela m’a aidé à réaliser le mal que j’avais fait alors que c’était encore flou à exprimer. Pour mes parents, j’arriverais jamais à faire ça. Ce qui me bloque c’est qu’on ne m’a jamais appris à parler comme ça. Par pudeur je ne pourrais pas, en tout cas pour le moment, faire cela avec eux.

Marie  : Il faut savoir ce qu’on fait de son ressenti. Il faut bien se préparer à savoir ce qu’on veut, ce qu’on transmet. Dans l’écoute, il faut aller jusqu’au bout

même si cela ne va pas dans mon sens. Il faut attendre d’être prêt.

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TOUTES LES  AQUARELLES SONT DE NATHALIE RICHARD

nathpaint@gmail.com

système sapes emprunté à Mr Jacques SALOMÉ, de son livre « pour ne plus vivre sur la planète taire », Albin Michel

 

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2 réflexions au sujet de « LES RUBANS DE LA PAIX »

    1. Il donne des clés pour établir des relations saines. J’espère qu’ils pourra éclairer certains des blogueurs qui me suivent…Ce fut un travail difficile et je suis heureuse de l’avoir mené.

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