Le livre de la biographie « Ma Vie »

 biographie « Ma vie »

ma vie

Un travail effectué sur la base de 14 heures d’entretiens. La couverture a été créée grâce à la collaboration de Nathalie Richard, illustratrice.Ce livre, en édition familiale et privée, a été réalisé par les Editions Scripta.

  •  Résumé

Le livre d’une femme ayant connu les bonheurs et les malheurs d’une vie simple bouleversée par le deuil et le handicap qui repartira avec courage en apprenant à ses enfants et petits enfants la joie de vivre dans son pays basque natal.

EXTRAIT DU LIVRE « Ma vie »

La cour des miracles

Mon père, André L, travaillait comme toupilleur dans une scierie.C’était une entreprise familiale dont la grand-mère du patron était l’amie de la grand-mère de papa, ce qui ne lui apporta aucun privilège particulier. Notre foyer se situait dans un ensemble d’habitations appartenant au propriétaire de la scierie qu’il louait à ses ouvriers. C’était une quartier exclusivement réservé aux ouvriers de la scierie et tous les enfants jouaient ensemble, y compris les enfants du patron. Nous ne sentions aucune différence avec eux. C’était la cour des miracles! On était tout le temps dehors et on s’appelait par la fenêtre pour jouer. La cour résonnait de nos prénoms, criés par les mères impatientes de voir leurs rejetons venir manger.Il n’en subsiste rien aujourd’hui, la rénovation urbaine étant passée par là.

Nous vivions dans un appartement modeste au fond d’une cour, sans eau, sans salle de bain et sans toilettes. Il y avait un robinet extérieur, et nous les filles on allait remplir des baquets pour les besoins quotidiens.
Tous les matins on faisait une toilette de chat. Quand arrivait le samedi, on remplissait le grand baquet avec l’eau chaude chauffée dans le grand faitout, au milieu de la cuisine et chacun passait pour la grande toilette.

Le patron de papa était un homme dur et directif. On l’appelait « le vieux pépé ». Je me souviens que quelquefois, surtout pendant la guerre, on se glissait dans l’atelier pour piquer du bois pour se chauffer mais on n’avait pas intérêt à se faire prendre. On ne voyait pas de mal à cela vu qu’il brûlait les chutes de bois au lieu de nous les donner. Les ouvriers travaillaient pourtant très dur, battant souvent la semelle pour se réchauffer car l’atelier était glacé et ils devaient faire des heures supplémentaires pour améliorer l’ordinaire. »

Une éducation saine et encadrée


Nous allions à la messe tous les dimanches, vêtues de nos plus belles robes car c’était le moment où on se montrait à tous les habitants du quartier.
Nous étions très bien habillées car maman tenait à ce qu’on soit bien mise. Elle achetait du tissu et faisait faire nos vêtements par une cousine qui était couturière de métier.
On allait au catéchisme et au patronage. Madame A, qui habitait dans notre cour des miracles était une femme très croyante et très charitable. Elle prodiguait des soins, comme des piqûres, aux plus démunis. Le dimanche, elle préparait des crêpes ou des beignets que j’allais porter après la messe à une petite mamie. En récompense, j’avais droit à un beignet ce qui me satisfaisait grandement.
Il y avait aussi le jour de la fête dieu. Vêtue de ma robe blanche et avec ma couronne de fleurs sur la tête, je déambulais fièrement, ma corbeille remplie de pétales de roses, ramassés le matin dans le jardin, que je lançais pendant la procession.
Je me souviens aussi que j’allais souvent au cimetière, qui n’était pas très loin de chez nous, nettoyer les tombes des oubliés et les orner avec des fleurs ramassées dans la poubelle ou avec des croix faites de perles que je récupérais. J’avais déjà l’âme d’une assistante sociale !

 

Les règles de la maison

Les règles à table, comme dans beaucoup de familles à cette époque, étaient simples : il fallait finir son assiette, ne se lever de table qu’après le repas terminé et ne pas retourner le pain. Mon père nous rappelant souvent : « c’est assez dur de gagner sa croûte pour ne pas gaspiller ». J’ai encore l’image de l’assiette d’Yvonne, qui n’aimait pas les légumes, ornementée d’une couronne de légumes qu’elle laissait soigneusement sur tout le pourtour de son assiette !


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