En passant

« Zora, mon amour »

« Zora, Mon amour » un récit de vie écrit par valérie Jean Biographe en collaboration avec Lamria

Récit de vie-Valérie Jean Biographe

Un témoignage de la vie d’une femme meurtrie par les institutions françaises d’Algérie et par la suite par sa famille adoptive.

Extraits du livre

Nous reprenons le récit quand Lamria est adulte à Paris. Pour connaître le début de son histoire avec des extraits choisis CLIQUEZ ICI

Lamria a été adoptée par une famille résident en banlieue parisienne chez qui elle travaille mais qui la maintienne sous leur joug.

Des amies d’infortune comme moi

Les seules « amies » étaient des orphelines comme moi que je retrouvais pour certaines d’entre elles quelquefois à Paris, quelque fois en Algérie lors de mes vacances.

Pendant ces rencontres improvisées, plutôt que de se soutenir entre elles, faire une communauté bienveillante où chacune s’enrichirait de l’autre sachant les sévices que chacune a vécus dans son corps et dans son âme, elles se déchiraient par la défiance qu’elles avaient les unes des autres. Parce qu’elles n’avaient pas appris autre chose qu’à se dénoncer aux sœurs, à se jalouser pour se faire une place, à se trahir pour obtenir un privilège.

Nous n’étions pas libérées du carcan de l’éducation prodiguée par les sœurs, nos rencontres en gardaient la trace avec une ambiance détestable où je ne prenais aucun plaisir, se finissant en bagarres.

Souvent on se retrouvait pour la veillée de Noël mais comme pour nos rencontres, cela finissait toujours mal!

C’est pourquoi j’ai fini par ne plus vouloir les voir.

La seule qui me reste en mémoire, c’est Zhora. Quand nous étions encore à l’orphelinat, je l’aimais beaucoup. la pauvre elle était bossue et subissais régulièrement les sarcasmes des autres filles mais moi je l’aimais. Elle s’est retrouvée comme moi à Paris, à travailler pour l’Ambassade d’Algérie, à Neuilly. Elle est venue me voir au restaurant. M.A me donnait l’autorisation quelquefois de lui offrir le couscous. Je lui ai proposé de la rencontrer au parc avec les enfants qu’elle gardait. Mais comme moi, elle était prisonnière de sa place et n’avait pas le droit de sortir les enfants ailleurs que dans le jardin de la propriété de Neuilly alors nous nous sommes perdues de vue.

Tout cela pour dire que même parmi mes compagnes d’infortune, je n’ai pas trouvé une confidente qui m’ouvre aux réalités de la vie des femmes : les règles, les relations sexuelles, les moyens contraceptifs. Je ne savais rien et je l’ai appris durement.

Le début de mon émancipation

Mes amies marocaines

Un jour pendant mon service, une jeune femme m’a dit en arabe : « Tu travailles ici ? ». J’ai répondu ce que M.A m’avait toujours dit de dire : « Non, je suis chez mon oncle. » quelques temps plus tard, je suis tombée sur elle alors que je faisais des courses dans le quartier. On a davantage parlé et à partir de ce jour là, une relation est née. Elle faisait partie d’un groupe de jeunes marocaines. Elles étaient très gentilles avec moi, elles me sortaient, venant me chercher et me déposant après au restaurant.

Enfin des personnes qui n’abusaient pas de moi mais qui cherchaient à m’aider. Elles me prodiguaient leurs conseils et m’ouvraient les yeux sur la situation anormale que je vivais : « tu es exploitée, tu devrais être mieux payée, tu fais trop de travail pour cette famille ». J’avais du mal à réaliser parce que pour moi cette famille était comme la mienne, qui m’avait accueillie très jeune. Elles m’ont beaucoup appris sur la vie alors que je ne connaissais rien.

M.A me mettait en garde contre elles mais je n’ai jamais eu de problèmes, bien au contraire. En fait il ne supportait pas qu’elle me fasse voir la réalité et qu’il puisse perdre une employée modèle qui faisait tout sans que cela ne lui coûte rien, ou si peu…

Des tentatives de formations avortées

Ces amies me conseillaient de passer mon permis et quand la fille de ma famille adoptive s’est inscrite, j’ai voulu moi aussi le passer et j’en ai parlé à M.A.  Au lieu de m’encourager il m’a ricané au nez en disant: « Toi passer ton permis ! » comme si cela était inimaginable. Chacune de mes tentatives pour progresser et faire de ma vie quelque chose, il les faisait avorter me rabaissant sans cesse en disant que je n’en étais pas capable. Ma revanche c’était que la fille du patron, une fois le permis en poche, prenait la voiture en cachette et m’emmenait dans Paris. J’ai prié Dieu souvent pour qu’il ne nous arrive rien!

Je me souviens avoir demandé à prendre des cours pour travailler dans l’informatique. A l’époque, ces services avaient besoin de main d’œuvre pas trop spécialisée pour faire la maintenance des cartes perforées des premiers ordinateurs. Je voyais là une opportunité pour avoir enfin un métier et un salaire.

Il m’a dit : « oui vas y je ne donne pas deux semaines pour arrêter ! » Et oui, j’ai arrêté car cela coûtait trop cher et en plus j’étais angoissée à l’idée qu’il me mette à la rue. Comme il l’avait fait avec les deux filles qui m’avaient précédée. Alors je perdais courage et revenait au restaurant. C’était facile pour lui, il payait le médecin, le dentiste, me donnait la pièce et avait une esclave à sa botte…car au restaurant, je faisais tout toute seule.

Il m’en voulait également de lui avoir tenu tête alors qu’il s’était mis dans la tête de me marier à un de ses amis, un vieil homme. Il ne voyait que ses intérêts et jamais les miens.

Il m’a dit : « tu finiras comme toutes les orphelines, sur le trottoir ! »

Combien de fois il m’a insultée! Il me lançait souvent à la figure des choses comme « ta mère la pute ». Qui était-il lui pour m’insulter ? Pour insulter ma mère qui était morte pendant la guerre d’Algérie…

Pendant toutes ces années passées dans cette famille, M.A n’a eu de cesse de me rabaisser. A chaque fois que je tentais quelque chose pour sortir de ma condition, il me remettait à ma place disant que je n’étais bonne à rien et j’ai fini par le croire…Je n’avais plus confiance en moi, M.A m’a insidieusement mis dans la tête que je n’étais capable de rien à part frotter, frotter, frotter…

Personne ne m’a jamais éduquée et ces jeunes marocaines m’ont fait grandir.

Il y avait aussi M. O, un homme gentil qui tenait un restaurant et qui se préoccupait de moi. Il me donnait des merguez et me demandais toujours où j’en étais dans mes projets.

Parenthèse

Il faut se rendre compte de ce que je vivais! Un grand écart permanent entre ce que je voyais, ce que je touchais du doigt et l’impossibilité absolue de sortir de l’enferment dans lequel on m’avait jeté.

Par exemple, M.A tournait beaucoup de films dans lesquels il tenait des rôles d’arabe, surtout dans les films sur la guerre d’Algérie. Plusieurs fois, il m’avait emmené sur les tournages où j’ai fait de la figuration. On me donnait un cachet, fastidieux pour moi à l’époque mais que me reprenait M.A le soir! Il aurait pu m’introduire pour que je gagne un peu d’argent avec des petits rôles, non pas pour devenir une star mais pour me permettre de gagner un peu d’argent. Mais non. Il retenait toujours la laisse me laissant à ma condition d’esclave. Je visitais de beaux pays, je faisais de beaux voyages, je résidais dans de belles villas, je rencontrais de belles personnes mais comme un chien suit son maître, pour son agrément à lui, pour le servir mais sans que jamais on ne lui donne les moyens de sa liberté.

J’étais complètement sous sa coupe et quand la liberté frappa à ma porte, je n’étais pas préparée à l’assumer.

21 ans , la majorité me met à la rue

Bien que j’étais de moins en moins naïve, je n’étais malgré tout pas prête à m’assumer seule. Dans ma tête, je croyais que toute ma vie je resterais auprès de cette famille car personne ne m’avait expliqué à mon départ d’Algérie que je serai adoptée uniquement jusqu’à ma majorité !!!

Car tout ce qui me concernait n’était jamais discuté avec moi : je faisais ce qu’on me disait de faire et je n’assistais à aucune conversation. M.A s’occupait bien de l’éducation de ses enfants mais moi j’étais reléguée aux tâches, au travail sans qu’on me parle. Je me souviens que quelquefois quand il parlait à ses enfants sur des sujets qui m’interpellaient, sur lesquels j’aurais pu apprendre quelque chose, il me faisait un signe de la main en ajoutant : « Allez, va-t-en… ». Je suis restée de 1969 à 1975 sans avoir rien appris de la vie. J’étais complètement assistée et là on me disait « va-t-en… » Encore, sauf que cette fois, c’était pour me retrouver à la rue…

Pourtant, on ne me laissa pas le choix. Un matin, je me suis réveillée et j’ai vu deux valises devant la porte : c’étaient les miennes. J’ai appris que je devais partir sans autre ménagement. La femme de M.A, parce que lui était bien trop lâche pour le faire lui même, m’a dit :
– Tu as 25 ans, il est temps pour toi de t’en aller, de quitter notre appartement et de vivre ta vie. » Paniquée, je lui ai répondu :
– « mais où je peux aller, je suis seule, sans argent, je ne connais personne à Paris à part vous ?! »

Je l’ai supplié de me garder mais elle ne fléchit pas répétant seulement : «  non, tu dois partir, tu as atteint l’âge de ta majorité. La suite ne nous regarde pas. » J’étais complètement abasourdie, désemparée. Comment j’aurais pu imaginer que cette famille à qui je m’étais sacrifiée corps et âme pouvaient me lâcher comme un vulgaire paquet après plus de dix ans passés avec eux, au sein de leur famille, partagent tout leur quotidien…

Je n’avais même pas pris une seule adresse de mes amies, j’étais seule, seule, seule.

Heureusement, j’ai rencontré une de leurs amies qui m’a donné un numéro de téléphone de l’une d’elle, que j’ai précieusement gardé.

Dans l’immédiat, je ne voyais que S.pour m’aider. Je l’ai appelé mais à ses dires, elle ne pouvait rien faire pour moi, disant que c’était son père qui décidait de tout et qu’elle ne pouvait s’opposer à sa décision.

Employée de maison

Je me suis souvenue d’une cliente que je servais toujours généreusement. Je l’ai appelée, lui expliquant ma situation. Elle a accepté de m’héberger chez elle, le temps de trouver une solution malgré son mari qui n’était pas content que je sois là. Puis elle a joint une de ses amies au téléphone qui cherchait une employée de maison qui serait nourrie logée. Je fus embauchée et je rejoignis cette famille qui avait deux petites filles à garder. On m’installa dans une chambre. Le travail était moins pénible qu’au restaurant, ma journée s’effectuait de 8h à 20h environ. Malgré ma chance d’avoir trouvé ce nouvel emploi, je pleurais tous les soirs dans ma chambre. Le traumatisme était grand d’avoir été jetée comme une moins que rien et j’avais l’impression que j’allais indéfiniment vivre ça. J’avais le sentiment de tout recommencer à zéro, de devoir effacer toutes ses années de travail, d’avoir vécu tout cela pour rien : il fallait tout recommencer. L’angoisse de mon avenir me laissait tous les soirs abattue.

Je suis restée 5 ans dans cette nouvelle famille jusqu’au jour où, les filles ayant grandi, on n’avait plus besoin de moi.

Pendant plusieurs mois, j’ai enchaîné plein de petits boulots différents qui ne me permettraient pas d’avoir un appartement à moi. Alors je vivais comme une nomade à la merci des hébergements chez les uns et les autres. Pendant cette période, je revenais régulièrement au restaurant, demander des nouvelles avec l’espoir secret qu’il m’aiderait. J’attendais encore tout de ma famille d’adoption à qui j’ai tout donné. Pour moi, il représentait ma famille puisque je n’en avais plus. Je m’étais attachée à eux malgré les humiliations, malgré le travail éreintant, malgré les bassesses et les manipulations et je revenais sans cesse vers eux. Je n’avais pas compris qu’il fallait que je coupe les ponts, que je tourne la page.

Enfin je rencontrai un garçon qui me demanda de l’épouser , je n’étais plus seule

 

Au nom du père

« Au nom du père » un livre réalisé avec François Jaladeau

Biographie valerie Jean

« En écrivant ce récit, je ne sais pas où j’allais échouer, où tout cela me mènerait. Parfois, il est des mots, des phrases qui déconcertent, provoquent le chaos, vont à rebours de ce qui gouverne notre existence et qui, par là-même, invitent à soulever le couvercle sous lequel on étouffe.

Après le décès de mon père, un gouffre s’ouvrit sous mes pieds mais paradoxalement cette disparition s’ouvrit sur une autre porte: un frère inconnu qui souhaitait reprendre contact.

Ce fut le début d’une aventure qui me permit non seulement de retrouver un frère mais mais aussi d’entamer une pacification avec mon père…

Mon père disparu, ce personnage caméléon allait désormais baisser le masque, lever l’énigme. Je craignais néanmoins qu’elle me confirmât tout ce que je devinais savoir de lui, pour l’avoir écouté, observé, sous-pesé maintes fois. La réalité dépasse souvent la fiction, ce fut le cas.

Mon désir d’écrire était suffisamment puissant pour me réaliser dans cette nouvelle voie, celle de l’écriture de la biographie de mon frère.

Au début, je ne pensais pas m’introduire dans cette biographie, voulant simplement rendre sa place à Dany dans notre famille. Mais au fil du temps, mes romans croisaient de plus en plus ma propre route et fatalement, il arriva un moment où la biographie de Dany, celle de notre père commun et la mienne devaient se rejoindre… Vaste projet que je n’avais pas mesuré au départ !

Au final, ce travail a débouché sur l’introspection de mon lien intangible avec mon père et de comprendre ce qu’il m’a légué malgré lui, de voir mes failles et ma vulnérabilité.

Le résultat est qu’aujourd’hui je m’apprête à davantage encore radiographier mon existence et y puiser le meilleur de moi-même afin d’éviter les pièges de la vie qu’ont enfermés mon père.

 

Amour, seul valeur qui sauve

J’ai retrouvé ce texte dans mon ordinateur au chapitre écriture en cours….

« Je suis née au bon moment et au bon endroit. J’ai eu la chance de grandir, préservée des injustices et des horreurs qui frappent le monde de son oeil aveugle.

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Dans cet occident béni des années soixante quinze, le couple de mes parents ne résista pas et il éclata.
Sans aucune méchanceté ou malice, chacun de mes parents voulut retrouver les délices de la jeunesse et chacun oublia que deux enfants étaient encore là.
Bien sûr ce n’est qu’égratignure au regard des atrocités que peuvent subir des enfants maltraités. Mais je sais aujourd’hui après des études en sciences humaines que les petites blessures restent à vie. Moi qui voulais faire du théâtre, je me suis rognée les ailes. Pour autant je ne regrette rien car mon parcours dans le social m’a fait grandir en humanité et en conscience.

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Après la mort de mon fils Pierre, un juste choisi de Dieu, je sais qu’il n’y a que l’amour qui peut nous sauver. Merci à tous d’exister. Valérie

L’ESPOIR a toujours été le levier de la lutte. Le défi de combattre la folie et la violence est immense mais j’ai foi en mes frères et soeurs citoyens du monde.  »

Il est synthétique mais il résume bien ce à quoi j’aspire aujourd’hui, l’apaisement, la fraternité sans me départir de la curiosité qui m’anime.

Qu’est-ce-que le bonheur

La quête du bonheur

Reprenant l’essentiel de la conférence tenue par jean François Dortier, fondateur et rédacteur en chef du magazine « sciences humaines », cet article décline les questions fondamentales autour de la question du bonheur…

Quête  que chacun recherche.

bonheur

Voyage candide, c’est quoi le bonheur?

À cette vaste question qui occupe les hommes depuis la nuit des temps, il faut se tourner vers les fondements de la philosophie qui prennent naissance dans l’Antiquité.

Continuer la lecture de Qu’est-ce-que le bonheur

AIME MOI BORDEL!

Aime moi Bordel!

Par François Jaladeau

J’ai accompagné la réalisation de ce roman pour François Jaladeau qui nous livre les affres de ces tourments amoureux à partir de ses expériences.

ecrire coach-pavillon turquieC’est un beau roman c’est une belle histoire

Immobilité

L’immobilité, une chance pour se retrouver

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Avoir du temps…C’est ce que tous nous réclamons pour profiter de la vie, de nos enfants, de nos passions…entraînés par le flux quotidien des tâches à réaliser, des activités à assumer , des conversations à animer, des contraintes administratives, de l’engagement professionnel, de l’organisation des plannings…bref, je pourrai ne pas m’arrêter tellement notre existence est subordonnée à des centaines, des milliers de préoccupations et d’obligation…et d’un peu de temps pour soi.

Quand s’arrête-t-on vraiment?

C’est la rupture, volontaire ou involontaire qui nous y contraint alors plutôt que maudire Dieu et tous les Saints, remercions le pour ces difficiles ruptures dans un quotidien qui nous perd.

Bien sûr, que ce soit la mort, la maladie, le burn out, le conflit, le licenciement …bref tout ce qui peut arrêter le cours d’une vie de nature à être un STOP géant, contribue à notre évolution.

Car alors le choix ne nous est plus donné, il est temps de faire le point.

E c’est particulièrement vrai dans la maladie invalidante où vous n’avez plus d’autre chose à faire qu’à penser…

Ayant vécu la perte de mon fils, je peux parler du deuil où vous êtes en survie, comme si on vous mettait en pilote automatique qui assure le quotidien tandis que votre pensée est annihilée par un gouffre abyssal.  Le temps est arrêté et c’est sur du très long terme que vous vous reconstruisez avec une tout autre regard: Évacuées la colère, la haine, l’injustice, l’indignation et tous les sentiments qui traversent notre existence après le drame, lentement la pensée reprend son cours augmenté de cette expérience qui nous conduit le plus souvent à relativiser, à cerner l’insignifiance du quotidien pour nous ancrer à l’essentiel de la vie: aimer.

Cette parenthèse pour faire la différence entre la rupture qu’occasionne la mort et toutes celles qui nous plongent dans l’immobilité forcée, physique ou mentale.

Aujourd’hui, je parle davantage de l’immobilité physique qui vous cueille un jour à la descente du lit. Ce lit que  vous ne quitterez plus ou quasi plus (oui je sais l’alitement prolongé est à éviter absolument et je recommande vivement, malgré la douleur de se lever, de faire des exercices, de se forcer….!) N’empêche qu’avec toute votre bonne volonté, vous serez coincé dans votre lit des heures durant…

Face à soi même

On se retrouve seul face à soi même avec tout ce temps à remplir.

Dès lors, c’est un combat pour rester positif et faire de cette épreuve un temps de réflexion même si dans les premiers temps vous ne réflechissez qu’au problème qui vous occupe…retrouver votre mobilité perdue sans que cela n’occasionne de douleur.

Les jours passent et nous obligent alors à résorber deux sentiments qui s’entrechoquent sans cesse:  l’égo qu’il vous faut reléguer, et oui quand on devient grabataire brutalement, on a besoin des autres et on n’échappe pas à la case je demande…qui fait poindre la culpabilité de déranger sans cesse ceux qui vivent avec vous…Et pour ceux qui ont toujours vécu une grande indépendance, ce n’est pas anodin.

La dépression guette quand l’amélioration tant attendue tarde et que rien n’y fait après toutes les visites chez les spécialistes où vous vous traînez avec espoir…en vain. Le doute s’installe et l’on se voit handicapé à vie! Désespéré, on cède à la crise de larmes qui pour un temps nous vide (surtout la nuit quand les douleurs nous rattrapent parce que l’effet du précieux antalgique s’épuise à 4 ou 5h…)

L’immobilité une chance

L’immobilité c’est aussi l’occasion de déléguer…le ménage, les courses, les repas, les rendez-vous extérieurs tout cela se fait désormais sans nous. La confiance en l’autre,celui qui fait, s’installe et on découvre que ce n’est en rien une catastrophe, que malgré votre absence les choses se font…La reconnaissance est alors au rendez-vous, carburant de l’estime de soi, récompense pour vos proches de se sentir valorisés.

Votre immobilité vous entraîne à l’ingéniosité et votre table de nuit et tout ce qui l’entoure devient un champ d’investigation au gain de place, où chaque geste est priorisé pour se débrouiller seul…le crayon dans la trousse se transforme en petite cuillière pour touiller le médicament, la boîte de médicament est agencée pour pouvoir tout retrouver en un temps record même dans le noir…Tous est à portée de main (cahier crayon livre magazine pince à épiler tablette etc…) objets devenus de première nécessité pour passer une journée qu’il faut remplir!

Le lâcher prise salvateur

Mais on a beau s’armer, il faut lâcher prise et c’est dans cet attitude que l’immobilité devient nourricière d’un état d’attente consenti. Observer les nuages dans le ciel, les oiseaux dans les arbres,ce n’est plus seulement les voir par la fenêtre mais c’est les observer et en suivre le rythme, la respiration…sans effort cela apaise, nourrit…C’est le lâcher prise qui va permettre à la pensée d’aller plus loin, dans les tréfonds de notre conscience qu’on ne visite que rarement.

Petit à petit, on accorde de plus en plus de temps à la méditation (oui oui la vraie avec la réelle intention de rentrer en soi…si ce n’est pas évident pour les néophytes, je les rassure, on y parvient quand on se plonge à l’écoute de son corps, en respirant bien, sans autre pensée que faire le vide en soi. C’est un apprentissage. Mais quand on y parvient, c’est un moyen exceptionnel de se ressourcer, de recevoir de l’énergie.

Les idées surgissent, les projets s’harmonisent, on est plus clairvoyant sur les éléments qui composent notre sentier de vie, sur nos impasses, nos peurs, nos doutes…et nos réussites.

Cela nous conduit à vivre au mieux notre situation (je me suis rendu compte  que notre complicité et notre amour de couple n’avait pas été aussi rayonnant depuis longtemps…).

L’immobilité a finalement été une grande ressource. C’est une belle leçon de vie pour qui accepte de lâcher prise et de  positiver.

Je suis en pause pour bientôt repartir, forte d’une nouvelle énergie.

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Vocabulaire du Moyen-âge

VOCABULAIRE DU MOYEN-ÂGE

 

VÊTEMENTS ET ACCESSOIRES de mode ou de parure guerrière

 

Aumusse: Une courte pèlerine à capuchon descendant jusqu’aux épaules

Braies: Tissus couvrant les jambes.

Brigandine: veste dans laquelle sont rivetées des plaques d’acier.

Broigne: Pièce de vêtement en cuir ou en toile recouverte de plaquettes de métal ou d’anneaux cousus.

Camail: Protection pour la tête faite de mailles, souvent protégée de tissu, pour protéger de la tête à la nuque.

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Cervelière: Calotte de maille couvrant le dessus du crâne.

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Ceste: Ceinture de femme

Chainse: Long vêtement de toile fine porté par dessus la chemise, sous vêtement.

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Chausses: Pantalons couvrant les jambes se portant avec un pourpoint par dessus les braies Elles se fixent au moyen d’aiguillettes

Cotte d’armes: Habit porté par dessus le haubert portant les armoiries du chevalier.

Esclavine: Manteau souple et ample à capuche utilisée par les pèlerins.

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Escarcelle: Grande bourse que l’on portait à la ceinture.

Gambison: Vêtement porté sous le haubert de mailles en peau ou en tissu épais rembourré.

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Harnois: Armure articulée couvrant l’ensemble du corps.

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Haubert: Robe en Cotte de maille.

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Heaume: Casque emblématique du chevalier pour protéger la tête.

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Pourpoint: veste haute, courte et matelassée couvrant le corps du haut jusqu’à la ceinture.

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Surcot: Vêtement sans manche porté par dessus la cotte ou la robe des femmes mettant en valeur leur ligne.

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MACHINES ET ARMES

Baliste ou balestre: Machine de guerre tirant des dondaines, ou des pierres.

Dondaines: Projectile tiré par les arbalètes (carreaux)

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Estoc: Pointe d’une arme.

Fauchard: Arme d’hast (lance) inspirée de la faux des paysans.

Flamberge: Grande épée à lame ondulée pour faire plus de dégât dans le corps de l’ennemi.

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Guisarme: Lance agrémentée d’une longue lame tranchante et effilée, doublée d’un crochet.

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Miséricorde: Sorte de poignard d’arçon.

Pavois: Grand bouclier de bois

Rondache: Petit bouclier rond.

Trébuchet: engin de siège, pièces d’artillerie médiévales à contrepoids pour projeter des projectiles contre les murailles ou par-dessus les fortifications.

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LIEUX ET ENVIRONNEMENT

Dormitoire: Dortoir.

Fief: Terre intégré au domaine d’un noble dont le vassal (détenteur) devait rendre hommage et redevance au Seigneur possesseur du domaine.

Hourd: Galerie couverte en bois sur une courtine (ancien machicoulis) ou estrade.

Ladrerie: Léproserie

Maisnie ou mesnie: Entourage,serviteurs, famille.

Manse: Mesure de terre jugée nécessaire pour faire vivre une famille.

Mantelet: Panneaux de bois assemblés que l’on poussait devant soi pour se protéger des attaques dans les sièges de fortifications.

Salvetat (sauvetés ou sauveterre): Refuge offert par une seigneurie u une abbye. ceux qui s’y installaient devaient en retour défricher les terre pour qu’elle soient cultivables.

VOCABULAIRE ORDINAIRE

Caïette : une bavarde
Canson: Poème d’amour
Carine : pleureuse
Caraudes : Sorcière
Cautelée : femme pleine d’artifices et de ruses
Cens ou censive: Redevance annuelle due au Seigneur possédant le fief, ne pouvant être reçu que par un noble.
Clergeresse : femme savante
Courieuse : coureuse, femme qui se prostitue au premier venu
Estournie: Mêlée.
Estropiat: Voleur, bandit.
Féal: Fidèle.
Fredain: Scélérat.
Menuaille: Populace
Mortaille: Massacre, mort.
Paltonière: Fille publique.
Pécune: Pièce de monnaie.
Picorée: Butin.
Quareignon: Feuille de parchemin pliée en quatre.
Ribaud(e): personne suivant une armée pour profiter des pillages
Roncin ou roussin: Cheval
Servantaille: domesticité d’un château ou d’une maison.
Tenure: Bien immobilier concédé par le seigneur en échange d’une redevance accompagnée de droits.

 

VERBES

Emberlucoquer: Monter une embuscade ou un traquenard

s’escambiller: S’allonger pour faire l’amour

Esmoigner: mutiler

Férir: Frapper avec le fer d’une épée.

Forcer: Violer.

Larroner: Voler.

Rapiner: Piller, voler.

 

ET BIEN D’AUTRES ENCORE

 

Liste élaborée en partie grâce à Jean D’Aillon dans sa saga: « les aventures de Guilaume d’Ussel »-EDITIONS J’AI LU- FLAMMARION-

De Perregaux à Beauchamp

Biographie « De Perregaux à Beauchamp »

Biographie-Valerie jean

Biographie réalisée avec Claude.

Un récit qui raconte grâce à des souvenirs d’enfance la vie d’un enfant de militaire entre Algérie et Allemagne. Cette histoire raconte également les souffrances endurées quand on est pas comme les autres, affublé d’un handicap qui gâche la vie…

Pieds nus dans la neige

Récit de vie « Pieds nus dans la neige »

recits de vie -valerie jean

Récit de vie réalisé avec Denise qui a mis à nu toutes les blessures de son enfance qui la poursuivront pendant toute sa vie, occasionnant des souffrances terribles.

Il  aura fallu beaucoup de courage à Denise pour revivre ces noirs souvenirs pour oser raconter son histoire.

Le temps d’une génération

Biographie : « le temps d’une génération »

biographie valerie jean

Biographie familiale réalisée en collaboration avec Célestin.

Le déroulé de sa vie entre service militaire, souvenirs et anecdotes du temps où il était garagiste et enfance passé auprès de son père quand il cultivait le tabac…