{"id":740,"date":"2013-12-01T21:16:29","date_gmt":"2013-12-01T19:16:29","guid":{"rendered":"http:\/\/ecrire-coach.biographe-valeriejean.fr?p=740"},"modified":"2013-12-01T21:16:29","modified_gmt":"2013-12-01T19:16:29","slug":"biographie-de-nicole-a-manic","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ecrire-coach.biographe-valeriejean.fr\/?p=740","title":{"rendered":"Biographie \u00ab\u00a0De Nicole \u00e0 Manic\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<h1>Le livre \u00ab\u00a0de Nicole \u00e0 Manic\u00a0\u00bb<\/h1>\n<h1><a href=\"http:\/\/ecrire-coach.biographe-valeriejean.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/De-Nicole-A\u0300-manic.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-1032\" src=\"http:\/\/ecrire-coach.biographe-valeriejean.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/De-Nicole-A\u0300-manic-224x300.png\" alt=\"le gois, noirmoutier\" width=\"224\" height=\"300\" \/><\/a><\/h1>\n<p>Une biographie r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 partir d&rsquo;un cahier de 200 pages manuscrites dont le texte a \u00e9t\u00e9 reformul\u00e9, et mis en page.<br \/>\nUn r\u00e9cit vivant d&rsquo;une jeune femme qui par des anecdotes sympathiques nous montrent l&rsquo;\u00e9volution de la soci\u00e9t\u00e9, des ann\u00e9es 1930 jusqu&rsquo;aux ann\u00e9es 1975. Une fresque qui traverse notre si\u00e8cle, racont\u00e9e sur un ton enjou\u00e9.<\/p>\n<h1>EXTRAITS DE LA BIOGRAPHIE \u00ab\u00a0De Nicole \u00e0 Manic\u00a0\u00bb<\/h1>\n<p><!--more--><\/p>\n<h2>Chapitre sur l&rsquo;\u00e9ducation religieuse<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant la communion, nous devions, pendant deux ans, fr\u00e9quenter assidument le cat\u00e9chisme. Les cours avaient lieu les mardis, jeudis et samedis \u00e0 huit heures le matin, en plus de notre scolarit\u00e9, bien s\u00fbr. En chemin, je rencontrais\u00a0 les gar\u00e7ons de la communale qui souvent m\u2019interpellaient\u00a0par\u00a0: \u00ab\u00a0La Boulang\u00e8re, t\u2019as apport\u00e9 ton pain\u00a0?\u00a0\u00bb ce que je n\u2019aimais pas du tout.<br \/>\nLe cat\u00e9chisme\u00a0 ne se passait pas dans notre \u00e9cole, mais dans une petite chapelle de la cour de la cath\u00e9drale. Nous \u00e9tions, gar\u00e7ons et filles du m\u00eame \u00e2ge, tenus d\u2019apprendre par c\u0153ur les r\u00e9ponses \u00e0 des questions tir\u00e9es d\u2019un petit livre, \u00e9quivalent \u00e0 un livre de poche, sur Dieu, J\u00e9sus, la Bible etc\u2026<br \/>\nLe dimanche nous \u00e9tions oblig\u00e9s d\u2019aller \u00e0 la messe. Il fallait signer un carton qui attestait de notre pr\u00e9sence. Maman nous accompagnait \u00e0 la messe de 11H30.<br \/>\nNous devions avoir la t\u00eate couverte \u00e0 l\u2019\u00e9cole et \u00e0 l\u2019\u00e9glise. Selon la mode de l\u2019\u00e9poque, la modiste nous avait confectionn\u00e9 un chapeau en forme\u00a0 de \u00ab\u00a0pot de fleurs\u00a0\u00bb, rouge ou bordeaux\u00a0! Pour l\u2019\u00e9cole, c\u2019\u00e9tait moins chic, nous avions une calotte semblable \u00e0 la \u00ab\u00a0kipa\u00a0\u00bb des juifs qui disparaissait dans nos poches d\u00e8s que nous \u00e9tions loin de l\u2019\u00e9tablissement. Le port des chaussettes ou des bas \u00e9tait une autre obligation. La mode dans les ann\u00e9es trente \u00e9tait plut\u00f4t aux socquettes des sportives. Pendant la guerre, \u00e0 cause des restrictions, les socquettes furent admises si bien que nous avons pass\u00e9 tous les hivers les jambes nues\u00a0! C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s intelligent\u00a0! Enfin, il \u00e9tait interdit de se tutoyer, principe qu\u2019il nous \u00e9tait impossible d\u2019accepter, surtout entre bonnes copines et que nous transgressions r\u00e9guli\u00e8rement. Cela nous valait un mauvais point \u00e0 chaque fois mais heureusement certaines profs faisaient la sourde oreille\u00a0!<br \/>\n&#8230;<br \/>\nNos robes de communion \u00e9taient port\u00e9es pour de nombreuses c\u00e9r\u00e9monies. Cela commen\u00e7ait par la messe du dimanche, t\u00f4t le matin\u00a0; puis pour les v\u00eapres, office des pri\u00e8res de l\u2019apr\u00e8s-midi,\u00a0 pour lesquelles m\u00e8res et\u00a0 grand-m\u00e8res\u00a0 se d\u00e9vouaient apr\u00e8s que tout le monde ait bien mang\u00e9 et bien bu. Mais ce n\u2019\u00e9tait pas fini\u00a0! Le lendemain, c\u2019\u00e9tait\u00a0 la confirmation et son d\u00e9fil\u00e9 interminable de communiants qui devaient, chacun leur tour, saluer\u00a0 l\u2019\u00e9v\u00eaque. Meaux \u00e9tant le si\u00e8ge de l\u2019Ev\u00each\u00e9, tous les paroissiens environnants ralliaient \u00a0l\u2019\u00e9v\u00e8nement.<br \/>\nEnfin, nous sortions nos robes pour les processions auxquelles nous assistions depuis notre plus tendre enfance. Pour l\u2019occasion, la couturi\u00e8re nous confectionnait tous les ans de jolies robes en organdi rose, bleu ou blanc. Quel folklore\u00a0! Pourtant nous aimions cette f\u00eate particuli\u00e8rement jolie et nous n\u2019aurions pas voulu la manquer.<br \/>\nCela se passait dans le jardin des Augustines, une communaut\u00e9 de\u00a0 religieuses. Une statue de la Vierge ou du sacr\u00e9 c\u0153ur, selon la f\u00eate qu\u2019on c\u00e9l\u00e9brait, \u00e9tait promen\u00e9e par un pr\u00eatre, suivi des\u00a0 bonnes s\u0153urs et des fillettes avec une couronne de fleurs en tissu sur la t\u00eate et des gar\u00e7onnets habill\u00e9s de v\u00eatements couleur tendre\u00a0; puis les communiants et enfin \u00ab\u00a0 les enfants de Marie\u00a0\u00bb, jeunes filles v\u00eatues de bleu et blanc, avec un voile sur la t\u00eate. Elles se consacraient\u00a0 au culte de la Vierge mais ne pronon\u00e7ant pas de v\u0153ux, elles restaient dans la vie civile.<br \/>\nEn cadeau, je re\u00e7us : une montre en or, un sous main en cuir et un onglier en ivoire. Alors qu\u2019est-ce que c\u2019est que cet objet\u00a0?<br \/>\nC\u2019est un petit portique con\u00e7u pour recevoir des petits ustensiles de manucure\u00a0! Autant dire un objet qui ne servait \u00e0 rien et\u00a0 qui tr\u00f4nait sur la coiffeuse de notre chambre tout aussi inutile\u00a0! Mais on \u00e9tait contente! Les privations n\u2019\u00e9tant pas encore trop fortes au d\u00e9but de la guerre, on \u00e9tait g\u00e2t\u00e9e.<br \/>\n&#8230;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;\u00e9cole<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec ma soeur et mon fr\u00e8re, nous fr\u00e9quentions\u00a0 la m\u00eame \u00e9cole religieuse dont une des entr\u00e9es \u00e9taient proche de la maison de nos grands-parents.Ce n\u2019\u00e9tait pas une \u00e9cole traditionnelle, avec de grands b\u00e2timents abritant plusieurs classes mais un ensemble de maisons bourgeoises du quartier ancien entourant la cath\u00e9drale. Une rue s\u00e9parait la maison des petits des autres classes.<br \/>\nLes classe \u00e9taient mixes jusqu\u2019en 5<sup>\u00e8me<\/sup>. Comme nous \u00e9tions peu nombreux, les classes se partageaient deux niveaux\u00a0: 11<sup>\u00e8me<\/sup> et 10<sup>\u00e8me<\/sup>, 9<sup>\u00e8me<\/sup> et\u00a0 8<sup>\u00e8me<\/sup>, 7<sup>\u00e8me<\/sup> et\u00a0 6<sup>\u00e8me<\/sup>.<br \/>\nJ\u2019ai peu de souvenirs de l\u2019\u00e9cole primaire. J\u2019avais cinq ans et demi quand j\u2019ai pris le chemin de l\u2019\u00e9cole pour commencer ma onzi\u00e8me, l\u2019\u00e9quivalent du Cours pr\u00e9paratoire aujourd\u2019hui. Il n\u2019y avait pas de maternelle, nous apprenions donc la lecture et l\u2019\u00e9criture d\u00e8s notre arriv\u00e9e pour finir notre scolarit\u00e9 \u00e0 16 ans en\u00a0 1<sup>\u00e8re<\/sup> Bac.<br \/>\nNos jeux dans la cour\u00a0 c\u2019\u00e9tait, \u00a0l\u2019hiver, le ballon et l\u2019\u00e9t\u00e9, les osselets \u00e0 l\u2019ombre des grands arbres. La marelle et la corde \u00e0 sauter accompagn\u00e9e de comptines d\u2019usage faisaient \u00e9galement partie du r\u00e9pertoire de nos distractions. \u00ab\u00a0La maison\u00a0\u00bb \u00e9tait un jeu de ballon\u00a0: il fallait courir entre des buts sans se faire toucher par le ballon.<br \/>\nNotre scolarit\u00e9 \u00e9tait rythm\u00e9e de distributions de prix et de f\u00eates de fin d\u2019ann\u00e9e. Je me souviens de celle o\u00f9 je montai sur sc\u00e8ne, je devais avoir cinq ou six ans, pour interpr\u00e9ter \u00ab\u00a0la cigale et la fourmi.\u00a0\u00bb. Je me revois\u00a0 tancer\u00a0 la cigale de mon air autoritaire pour donner ma r\u00e9plique\u00a0: \u00ab\u00a0Et bien dansez maintenant.\u00a0\u00bb Ce doit \u00eatre une des seules distributions de prix \u00e0 laquelle j\u2019assistais car souvent nous partions en vacances d\u00e8s le 1<sup>er<\/sup> juillet alors que les vacances ne commen\u00e7aient que le 14 juillet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En classe de 6<sup>\u00e8me<\/sup>, je commen\u00e7ai l\u2019allemand et le latin. Autant j\u2019ai appr\u00e9ci\u00e9 la langue de Go\u00ebthe et la litt\u00e9rature germanique, autant j\u2019ai tout de suite d\u00e9test\u00e9 le latin que j\u2019ai du apprendre jusqu\u2019au Bac\u00a0! J\u2019aimais l\u2019alg\u00e8bre et la g\u00e9om\u00e9trie. R\u00e9soudre les probl\u00e8mes \u00e9tait comme un jeu pour moi\u00a0!\u00a0 J\u2019apprenais bien les th\u00e9or\u00e8mes n\u00e9cessaires pour s\u2019en sortir.<br \/>\nJe trouvais que l\u2019histoire et la g\u00e9ographie \u00e9taient des mati\u00e8res int\u00e9ressantes mais j\u2019\u00e9tudiais peu les le\u00e7ons pr\u00e9f\u00e9rant me consacrer aux devoirs. Quant au fran\u00e7ais, j\u2019appr\u00e9ciais la litt\u00e9rature mais d\u00e8s qu\u2019il s\u2019agissait de rendre un devoir, je s\u00e9chai devant ma plage blanche, incapable d\u2019\u00e9crire. C\u2019\u00e9tait une corv\u00e9e pour moi et je reportais le travail de jours en jours. Nous avions beaucoup de travail \u00e0 faire \u00e0 la maison. Si nous \u00e9tions consciencieuses, cela nous occupait tous les jours avant et apr\u00e8s le d\u00eener ainsi que le jeudi toute la journ\u00e9e. Chaque semaine,\u00a0 il nous fallait rendre: une dissertation et une analyse de textes en fran\u00e7ais, des exercices de math\u00e9matiques tous les soirs, deux versions allemandes, deux versions latines et deux th\u00e8mes de chacune de ces langues. A tout cela s\u2019ajoutait les le\u00e7ons \u00e0 apprendre. Nous \u00e9tions tr\u00e8s occup\u00e9es et devions \u00eatres studieuses pour nous en sortir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le grand jeu \u00e0 la mode \u00e9tait \u00ab\u00a0la balle aux prisonniers.\u00bb Les meilleures joueuses formaient des \u00e9quipes et une journ\u00e9e \u00e9tait consacr\u00e9e au championnat. Ce jour l\u00e0, c\u2019\u00e9tait cong\u00e9\u00a0!\u00a0 Au printemps, nous partions \u00e0 pied faire le grand pique-nique annuel sur un terrain que l\u2019\u00e9cole poss\u00e9dait dans un village au dessus de Meaux. S\u2019il faisait mauvais temps, nous restions manger dans les classes.<br \/>\nPendant la dur\u00e9e de la guerre, nous sommes pass\u00e9s des cours de 6<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e0 la 3<sup>\u00e8me<\/sup> et parties du groupe des bonnes \u00e9l\u00e8ves nous avons \u00e0 celui\u00a0 \u00a0se situant dans la moyenne. Nous \u00e9tions d\u00e9sormais chez les grandes, dans les classes de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la rue. Nos r\u00e9cr\u00e9ations n\u2019\u00e9taient plus aux jeux mais aux bavardages de jeunes filles.<br \/>\nA la fin de mes ann\u00e9es coll\u00e8ge, j\u2019assistais aux remises des prix. C\u2019\u00e9tait l\u2019occasion pour les \u00e9l\u00e8ves de monter un spectacle comme pour la Sainte Catherine. Je crois que c\u2019est en quatri\u00e8me que j\u2019obtins un des r\u00f4les principaux dans une pi\u00e8ce intitul\u00e9e \u00ab\u00a0l\u2019enfant du Cid.\u00a0\u00bb Pour No\u00ebl, les \u00e9l\u00e8ves faisaient une cr\u00e8che vivante et une ann\u00e9e, Francine et moi \u00a0nous f\u00fbmes les anges entourant le petit J\u00e9sus\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour la rentr\u00e9e des classes, j\u2019attaquais la premi\u00e8re et cela ne rigolait pas\u00a0!<br \/>\nNous \u00e9tions une douzaine d\u2019\u00e9l\u00e8ves qui nous entendions tr\u00e8s bien. Cela peut para\u00eetre peu pour aujourd\u2019hui mais c\u2019\u00e9tait une classe importante pour notre institution. Je commen\u00e7ais \u00e0 me d\u00e9vergonder. On chahutait aussi bien \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur qu\u2019\u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019\u00e9cole en jouant les fofolles comme toutes les filles adolescentes qui font tout pour se faire remarquer. Malgr\u00e9 tout, nous \u00e9tions surveill\u00e9es.<br \/>\nUn jour, nous avions tir\u00e9 sur les sonnettes le long du boulevard Jean Rose. En punition,\u00a0 nous avons du\u00a0 recopier des textes, extraits de nos livres de classe,\u00a0 pendant le jeudi, notre journ\u00e9e sans \u00e9cole.<br \/>\nDe temps en temps, j\u2019\u00e9tais appel\u00e9e chez la directrice pour une b\u00eatise quelconque comme celle d\u2019attacher deux filles ensembles par la ceinture de leur tablier pendant la messe, \u00e0 la chapelle\u2026 Je pleurais un coup et tout s\u2019arrangeait\u00a0!<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">La jeunesse d&rsquo;apr\u00e8s guerre<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le cercle de mes connaissances s\u2019agrandit et je commen\u00e7ai \u00e0 sortir avec M. Son p\u00e8re travaillant dans le trafic des surplus am\u00e9ricains, c\u2019\u00e9tait lui qui nous trimballait en jeep quand nous sortions hors de Meaux.Comme dans toutes les villes de monde, nous d\u00e9ambulions dans l\u2019art\u00e8re principale de Meaux\u00a0: la rue Saint Nicolas. Nous faisions des allers-retours jusqu\u2019\u00e0\u00a0 tomber sur des gar\u00e7ons avec qui nous partagions\u00a0 la causette et les blagues. A chaque sortie du lyc\u00e9e, on descendait jusqu\u2019au cin\u00e9ma sachant les retrouver l\u00e0. Si bien que tous les jours \u00e0 midi j\u2019arrivais en retard pour d\u00e9jeuner et tous les jours papa m\u2019engueulait\u00a0! On organisait des boums les uns chez les autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On s\u2019apprenait \u00e0 danser mais les gar\u00e7ons ne savaient que le slow ou le boogie. Ils apportaient chacun leur bouteille ce qui donnait au final un m\u00e9lange d\u2019alcool d\u00e9tonnant, de marques plus ou moins bonnes\u00a0: vin blanc, vin rouge, cognac, le whisky n\u2019\u00e9tant pas encore \u00e0 la mode. Les filles pr\u00e9paraient une salade de fruit. L\u2019ambiance \u00e9tait au flirt mais moi, j\u2019avais du mal \u00e0 m\u2019y mettre, si bien que l\u2019alcool aidant, je finissais la nuit en pleurs\u00a0!<br \/>\n&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le mois de juin arriva et l\u2019examen du bac aussi. Avant 1968, il se passait en deux parties. Pour les\u00a0 \u00e9preuves en premi\u00e8re, \u00a0nous devions pr\u00e9senter \u00e0 l\u2019\u00e9crit et \u00e0 l\u2019oral la plupart des mati\u00e8res\u00a0: Maths, fran\u00e7ais, 1<sup>\u00e8re<\/sup> langue et latin ou 2<sup>\u00e8me<\/sup> langue. L\u2019histoire, la g\u00e9ographie, les sciences physiques et la chimie n\u2019\u00e9taient \u00e9valu\u00e9es qu\u2019\u00e0 l\u2019oral. En terminale, il y avait trois fili\u00e8res\u00a0: Philosophie, Math\u00e9matiques \u00e9l\u00e9mentaires et sciences exp\u00e9rimentales, chacune sanctionn\u00e9e par deux examens\u00a0: \u00e9crit et oral. Il fallait \u00eatre re\u00e7u \u00e0 l\u2019\u00e9crit pour ensuite passer l\u2019oral et les notes ne s\u2019additionnaient pas. Le grand jour arriva.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une surprise m\u2019attendait\u00a0! Les \u00e9preuves \u00e9taient recul\u00e9es d\u2019une semaine car les sujets avaient \u00e9t\u00e9 divulgu\u00e9s. La fuite venait de l\u2019imprimerie nationale. Je rentrai donc chez H\u00e9l\u00e8ne et regagnai Meaux le soir m\u00eame. J\u2019ai su le lendemain qu\u2019un mon\u00f4me s\u2019\u00e9tait organis\u00e9 au lyc\u00e9e si bien que la semaine suivante je me suis d\u00e9p\u00each\u00e9e de rejoindre les autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais qu\u2019est ce qu\u2019un mon\u00f4me\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019\u00e9tait une manifestation \u00e9tudiante organis\u00e9e en \u00a0cort\u00e8ge, sans banderole ou revendication, \u00a0pour faire le chahut et la rigolade. Loin de nous toute id\u00e9e politique, ce n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 la mode bien que des heurts entre les groupes d\u2019extr\u00eame droite et les communistes \u00e9clataient r\u00e9guli\u00e8rement dans le quartier Saint Michel. Ferdinand Lop,\u00a0 un doux dingue, provoquait aussi quelques rassemblements autour de ses id\u00e9es incongrues. Il se pr\u00e9sentait \u00e0 toutes les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles avec un programme loufoque comme la prolongation de la rade de <a title=\"Brest\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Brest\">Brest<\/a> jusqu&rsquo;\u00e0 <a title=\"Montmartre (Seine)\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Montmartre_%28Seine%29\">Montmartre<\/a> et celle du <a title=\"Boulevard Saint-Michel\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Boulevard_Saint-Michel\">boulevard Saint-Michel<\/a> jusqu&rsquo;\u00e0 la mer ou l&rsquo;installation de <a title=\"Paris\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Paris\">Paris<\/a> \u00e0 la campagne pour que les habitants profitent de l&rsquo;air pur ou encore la suppression du wagon de queue du m\u00e9tro\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais en ce qui nous concerne, nous attachions nos encriers au bout d\u2019une baguette et d\u2019une ficelle, qui servaient parfois de projectiles. Les gens nous regardaient passer et se faisaient mettre en bo\u00eete.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour la plupart d\u2019entre nous, nous n\u2019avions pas r\u00e9ussi et il fallait repasser en octobre. Ce ne f\u00fbt pas mieux et nous avons redoubl\u00e9. J\u2019avais eu 4 puis 4,5 en latin aussi mes parents d\u00e9cid\u00e8rent que je remplace cette mati\u00e8re par de l\u2019anglais. Je devais rattraper le programme de deuxi\u00e8me langue gr\u00e2ce \u00e0 des cours particuliers mais il y avait trois ans \u00e0 rattraper. Mon professeur \u00e9tait une vieille fille, crachouillant les \u00ab\u00a0the\u00a0\u00bb. J\u00a0\u2018ai encore en m\u00e9moire \u00ab\u00a0The daffodils\u00a0\u00bb de \u00ab\u00a0Worworth\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des ces merveilleuses ann\u00e9es d\u2019apr\u00e8s guerre, je me souviens surtout des sorties plut\u00f4t que des \u00e9tudes. Les boums dont j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 mais aussi des bals de soci\u00e9t\u00e9 comme on les appelait \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Chaque association organisait des soir\u00e9es dansantes. Les plus chics \u00e9taient celles de la Croix rouge, du Tennis Club et du Cercle de voile. Pendant ces bals, \u00e0 l\u2019h\u00f4tel \u00ab\u00a0La Sir\u00e8ne\u00a0\u00bb de Meaux, les parents dansaient dans un coin et nous dans le n\u00f4tre. Ce n\u2019\u00e9tait pas guind\u00e9 comme on aurait pu s\u2019y attendre et nous nous amusions bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/ecrire-coach.biographe-valeriejean.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/P10204001.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-748\" src=\"http:\/\/ecrire-coach.biographe-valeriejean.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/P10204001-300x225.jpg\" alt=\"peinture \u00e0 l'huile campagne\" width=\"300\" height=\"225\" \/><\/a> Peinture \u00e0 l&rsquo;huile de l&rsquo;auteur Nicole B<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/ecrire-coach.biographe-valeriejean.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/88x31.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1928 alignleft\" src=\"http:\/\/ecrire-coach.biographe-valeriejean.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/88x31.png\" alt=\"creative commons\" width=\"88\" height=\"31\" \/><\/a>Ce(tte) \u0153uvre est mise \u00e0 disposition selon les termes de la <a href=\"http:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/2.0\/fr\/\" rel=\"license\">Licence Creative Commons Attribution &#8211; Pas d\u2019Utilisation Commerciale &#8211; Pas de Modification 2.0 France<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le livre \u00ab\u00a0de Nicole \u00e0 Manic\u00a0\u00bb Une biographie r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 partir d&rsquo;un cahier de 200 pages manuscrites dont le texte a \u00e9t\u00e9 reformul\u00e9, et mis en page. 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