le cercle de paillettes et de sciure

Une belle biographie à quatre crayons ! Ceux de Anne et Guérino, accompagnés de Valérie Jean, Biographe qui a plongé au coeur de l’univers circassien pour l’écrire.

Anne Hugon en artiste aux multiples talents a réalisé l’aquarelle pour illustrer sa biographie

Une rencontre de talents et de coeurs pour ce couple d’artistes circassiens qui ont toute une vie pérégriné à travers l’Europe et le monde pour offrir du rêve aux spectateurs médusés par tant d’adresse et de beauté.

Anne et Guérino, à travers leur livre, nous offre les coulisses des artistes de cirque et leur générosité.

Extraits du livre « Le cercle de paillettes et de sciure »

Le nez dans les étoiles

 Le projet d’une vie

Elle, c’est un petit soleil. Et lui, est bon comme du bon pain.

Avec cette description généreuse, de Blandine l’amie fidèle qui dessine logo et affiches, le ton est donné pour parler de Anne et de Guérino. Ce couple passionné a croisé la route de beaucoup d’artistes circassiens et au moment où il fallait raccrocher, il a su partager et transmettre son art avec la création de l’école de cirque « Le nez dans les étoiles ».

Anne et Guérino ont des sourires émus quand ils se souviennent du dernier gala qui leur a été offert pour leur départ à la retraite, avec une belle surprise : le numéro de main à main qu’ils présentaient autrefois. L’équipe du nez dans les étoiles est davantage qu’un groupe de collaborateurs, c’est une famille rassemblée autour d’une même passion : le cirque.

Un nouveau défi à relever

Mon stylo à la main, je les écoute me conter leur longue histoire. Guérino, le regard vif, impatient, commence le récit

         – Quand on a arrêté les tournées, on est devenu sédentaire mais on continuait de faire les galas. C’est à ce moment-là qu’on a cherché à enseigner dans une école de cirque. Mais dans les années 1990, il en existait très peu. On est allé d’abord à Amiens mais cela n’a pas marché… puis Châtellerault, Chambéry, Toulouse entre autres et partout on ne nous proposait que des postes d’animateurs techniques.

On a fini par arrêter de chercher et on s’est dit qu’on allait fonder notre propre école.

Habitant dans le Berry, ils partent prospecter à Bourges pour trouver une salle mais ne trouvent rien. Guérino avait donné des cours à Vierzon avec J G qui avait un contact avec M. Alain Aufrère de la FOL (Fédération des Œuvres Laïques) du Cher qui est intéressé par le projet. À ce moment-là, une friche culturelle était en train de naître sur un terrain à Bourges. L’idée de monter un chapiteau germe alors dans la tête des trois compères. L’association qui était déjà installée n’a pas vu d’inconvénient à ce qu’un chapiteau de cirque soit monté sur une partie du terrain. Il n’y avait plus qu’à rencontrer le maire, Serge L, qui est favorable au projet. Il demande à ce qu’on lui présente un book et prévient qu’aucun budget de fonctionnement ne sera alloué…

Avec leurs économies, Anne et Guérino investissent dans ce qui sera l’outil principal de leur école : le chapiteau.

Chapiteau de l’école « le nez dans les étoiles »

         – On se met en quête de trouver un chapiteau. Le monde du cirque est petit et par notre réseau d’amis, on sait qu’un petit chapiteau est à vendre à 40000 francs. On casse la tirelire et on achète notre premier chapiteau, petit mais mignon… m’explique Guérino.

Le projet de l’école est lancé : défrichage du terrain, déblayage des carcasses de voitures, nettoyage.

Pour cela, c’était facile, l’huile de coude suffisait. Par contre, il a fallu créer une association et pour la paperasse, il fallait se faire aider, car Anne et Guérino n’avaient jamais fait ça. La chambre de commerce de Bourges a conseillé la formule associative.

Pierre-Maurice L, présentateur au cours d’une de leur tournée, devenu leur ami, se propose de les accompagner dans ce projet et prend la Présidence en suggérant de nommer l’école « Le nez dans les étoiles ».

Grâce à la Municipalité et à Jeunesse et Sports, l’association se voit confier des ateliers CEL (Contrat Éducatif Local), un dispositif qui proposait aux enfants des ateliers culturels et sportifs sur leur temps scolaire. C’était totalement dans l’esprit d’éducation populaire que souhaitaient Anne et Guérino pour leur association.

Ce contrat permet à l’école de bien démarrer avec une quarantaine d’élèves.

L’école « Le nez dans les étoiles » était devenue réalité.

L’école de cirque « le nez dans les étoiles »

Anne reprend la parole pour donner des détails.

         – Entre temps, on était déclarés comme intermittents, car on continuait les galas. La FOL nous a accompagnés pour nous aider dans les déclarations pour basculer du statut d’intermittent à celui de salariés. Dans notre tête, on était indépendants et on n’avait pas l’idée d’être subventionnés. Daniel, l’ancien partenaire de Guérino qui enseignait dans une école de cirque de Bordeaux et l’association EMMETROP, nous ont alors beaucoup conseillé sur le fonctionnement des associations. Et puis il a fallu fabriquer tout le matériel nécessaire à l’apprentissage des différentes techniques.   C’est Guérino qui s’y est collé!

Au bout de trois années, quand l’école a dégagé suffisamment de finances, l’association a remboursé l’achat du chapiteau à Anne et Guérino.

Plus tard, la reconnaissance est arrivée par la visite du maire, accompagné de Madame Trautmann alors ministre de la Culture. Je l’imagine posant la question : « alors comment se passent les ateliers ? » et Guérino de répondre :

         – On commence par l’échauffement, des étirements. Ensuite, les élèves choisissent un atelier pour commencer puis pendant quelque temps ils tournent sur les ateliers avant d’en choisir un sur lequel ils resteront le restant de l’année.

À un petit niveau, Anne et moi on peut tout enseigner, car nous avons appris beaucoup pendant notre carrière. Quand le niveau s’élève, on fait appel à des amis artistes pour encadrer les élèves avancés.

Les cours s’effectuent par séquence hebdomadaire et un gala regroupe l’ensemble des spectacles en fin d’année. Actuellement, il y a 5 spectacles qui permettent aux 250 élèves de l’école de se produire devant un public.

         – Anne fabriquait les costumes (la location est une sorte de défraiement ce n’est pas la peine de le mentionner) ajouta Guérino

         – Je les ai tous gardés, aujourd’hui ils appartiennent à l’école compléta Anne.

Et puis retournant dans le passé, leur conversation s’anime autour des dates, des arrivées, des départs des uns et des autres… j’assiste à une joute où chacun se souvient d’un détail qui aide à retrouver l’évolution de l’école.

Un deuxième chapiteau est acheté qui voit l’arrivée de José, le frère de Guérino dans l’équipe comme enseignant polyvalent. Le succès est là et le cirque cherche à agrandir l’équipe. La mission locale propose Ingrid, une jeune femme qui avait fait des études de commerce international et un passé de gymnaste, de voltige à cheval plus exactement. Elle est reçue en entretien. Son profil colle complètement au poste d’autant qu’Ingrid s’exclame :

         – J’adore les équilibres sur les mains…

         – Tu fais partie de notre famille !

Une équipe solide et talentueuse

Après cette première embauche, l’équipe s’étoffera d’année en année.

Bien plus tard, alors que Guérino avait déjà un mi-temps à la retraite, remplacé alors par Julien, il se cassa le pied en montant accrocher une corde.

Il prit alors sa retraite complète mais cela ne l’empêchait pas de toujours s’investir dans l’école ! C’est Julien qui récupéra le mi-temps.

Encore plus tard, José tombe d’un arbre où il était grimpé chercher un essaim d’abeilles.

Sa fracture du bassin l’oblige à arrêter et il prend sa retraite méritée. C’est Louis qui prend sa suite mais il ne reste pas et après 18 mois, c’est Caroline qui entre en piste.

Puis ce fut le tour de Anne de tirer sa révérence.

Aujourd’hui l’équipe de l’école se compose de Ingrid, Sacha, Julien et Caroline et de Éric Villatte, un parent d’élève très engagé devenu Président.

L’école s’est installée dans un nouveau lieu, avec un superbe chapiteau, confortable et beaucoup plus grand. Dans l’ancien, lorsqu’il pleuvait une vingtaine de serpillères entraient en action.

Mais quittons Bourges pour retourner aux sources, là où l’histoire commence pour les deux héros de notre histoire.

Anne, la plus jeune du couple voulait être infirmière ou couturière, impressionnée par le costume de sa marraine… déjà !

Guérino, quant à lui, c’était simple : il voulait être le plus fort, un champion de la force.

Ils ne sont pas passés loin de leurs rêves de gosse, ils les ont juste transcendés pour devenir artistes de cirque, loin de leur univers familial respectif

Pour la suite de l’histoire où nous revenons aux sources, à l’enfance de Guérino et la jeunesse de Anne et surtout de leurs aventures comme artistes de cirque, artisans du chapiteau allez à :

Le cercle de paillettes et de sciure – Biographie –

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